Lettres à sa femme. Voyage de Paris en Limousin

1663-1664

Michel Mouret, Jean de La Fontaine, Lettres à sa femme. Voyage de Paris en Limousin, Éditions Valmonde-Trédaniel, 1995.

2 œuvres

L’œuvre et le territoire

Jean de La Fontaine est un des premiers voyageurs ayant laissé des commentaires sur le Limousin.

La Fontaine demeure quelques mois à Limoges entre septembre 1663 et janvier 1664. Le motif de son voyage est vraisemblablement à la fois privé et familial : l’exil.
Le surintendant Fouquet est arrêté et disgracié en 1661. Un dénommé Jannart, oncle de la femme de La Fontaine, fut envoyé par Colbert en exil à Limoges rejoindre Madame Fouquet qui y avait été envoyée en résidence surveillée. Fidèle à son oncle et fidèle à Fouquet, La Fontaine décida de s’exiler aussi, de son plein gré. Il n’a en effet jamais été prouvé que Jean de La Fontaine ait été puni de son amitié pour Fouquet. Et puis, cet exil volontaire lui permettait aussi de s’éloigner de sa femme avec qui les relations n’étaient pas au mieux.

La Fontaine part de Paris, en passant par Étampes, Orléans, Richelieu, Châtellerault, Poitiers, Chauvigny, Bellac et Limoges.
Le récit de cette expédition est relaté dans une série de lettres en vers et en prose adressées à sa femme, Lettres à sa femme. Voyage de Paris en Limousin. L’auteur livre ses impressions, décrivant villes et campagnes découvertes en chemin. Arrivé à Chauvigny, il décrit la ville comme celle « où commencent les mauvais chemins et l’odeur des aulx, deux propriétés qui distinguent le Limousin des autres provinces du monde ».
La première escale en Limousin est à Bellac, dont il livre un premier constat, et le voyage s’achève à Limoges. Il termine ensuite le bilan de son voyage par ces derniers mots :

Quant à mon égard,
Ce n’est pas un plaisant séjour ;
J’y trouve aux mystères d’amour,
Peu de savants, force profane,
Peu de Philis, beaucoup de Jeannes,
Peu de muscat de Saint-Mesmin,
Force boisson peu salutaire,
Beaucoup d’ail et peu de jasmin ;
Jugez si c’est là mon affaire !