Le Baiser du Pénitent Marie-Louise...

Véronique Bréger, Le Baiser du Pénitent, Les Ardents Éditeurs, 2015, p. 147.

© Les Ardents éditeurs

Marie-Louise frissonna. La brume en provenance de la Vienne montait progressivement à l’assaut des contreforts de la ville. Le monstre au visage d’ange était là quelque part, à l’affût. L’ignorer relevait de l’inconscience, l’affronter signifiait courir vers un trépas certain. Malgré sa jeunesse et son inexpérience, Marie-Louise connaissait les risques. Elle n’avait pas peur de mourir, et pourquoi pas mourir en odeur de sainteté.
Lorsqu’elle s’était rendu compte qu’elle voulait à tout prix ce face-à-face avec l’homme qui avait ruiné sa vie, elle avait pris sa décision. Ils se rencontreraient et c’est elle qui choisirait le moment et l’endroit. D’abord, le départ de Catherine. Il était impératif que la lissière soit loin de Limoges. Ensuite, chaque jour à la même heure elle avait pris l’habitude de sortir de l’abbaye et elle parcourait la centaine de mètres qui menaient aux réserves alimentaires des sœurs. On y accédait par une maisonnette étroite exempte de fenêtres dont l’unique pièce en forme de couloir exigu servait d’accès aux caves. Elles étaient nombreuses dans les sous-sols de la ville et le quartier de la cathédrale ne faisait pas exception. Forte de son goût pour l’aventure développé dans le château familial, Marie-Louise avait patiemment exploré les caves et, de passage et passage, avait découvert celle où elle ambitionnait de piéger son ennemi.
L’heure était venue. Elle inspira et s’engagea sur les pavés luisants. Elle ne marchait ni trop vite, ni trop lentement. Il était là. Il la suivait. Elle ouvrit la porte et s’engagea dans le petit couloir. D’escaliers en recoins, de conduits en salles plus ou moins minuscules, les souterrains étaient l’endroit propice pour s’égarer, ou pour disparaître, songea Marie-Louise avec amertume.
Elle entendit les pas sur le sol nivelé et terreux puis elle distingua la silhouette sombre aux contours incertains.
— Je suis ici !

Véronique Bréger, Le Baiser du Pénitent (Marie-Louise...)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

Marie-Louise se cache à Limoges depuis trop longtemps. Malgré la protection des sœurs de l’abbaye de la Règle, elle décide d’affronter son ennemi dans les souterrains de cette même abbaye, près de la cathédrale de Limoges.

À propos de Le Baiser du Pénitent

Albert Lubeck décède dans d’atroces conditions devant l’église Saint-Michel-des-Lions, au cœur de Limoges. Évi Marc, jeune détective privée parisienne, est alors convoquée à Limoges par un commanditaire énigmatique pour élucider le mystère. Elle se retrouve mêlée à un conflit entre les impitoyables Pénitents Aurores, prêts à tout pour récupérer une relique qui pourrait remettre en cause les fondements de la religion chrétienne, et l’Église catholique. À mesure que son enquête avance, les cadavres s’amoncellent, victimes d’un fléau tout droit sorti des manuels d’histoire du Moyen Âge. Et si toutes les réponses se trouvaient dans des tapisseries du XVIIe siècle qui attirent toutes les convoitises ?
Aubusson. Rome. Limoges. Des bords de la rivière Creuse aux palais secrets du Vatican, du couvent des Filles de Notre-Dame aux souterrains de l’abbaye de la Règle, une course contre la montre avec la mort s’engage.

Après La Nuit des Orpailleurs et La Vengeance de Mademoiselle Jin, Véronique Bréger complète la trilogie des aventures de la détective Évi Marc avec ce dernier roman. Alliant différentes temporalités et différents genres, tant historique, policier que fantastique, ses romans vous happent dans un tourbillonnant suspens qui tient en haleine jusqu’aux toutes dernières pages.

Localisation

Également dans Le Baiser du Pénitent