La Petite Russie. Récits d’un maquis Les réquisitions par le Préfet du maquis

Patrick Séraudie, La Petite Russie. Récits d’un maquis, Pyramide Production, 2008.

© Pyramide Production
https://vimeo.com/167693500
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L’œuvre et le territoire

Le 12 décembre 1942, pour empêcher la livraison de fourrage aux Allemands, Georges Guingouin lance une campagne de sabotage des botteleuses du ravitaillement général, destinées aux réquisitions de foin imposées par le gouvernement de Vichy.

Cet extrait évoque plus particulièrement la lutte de Georges Guingouin pour éviter le pillage des masses paysannes. Il s’oppose ouvertement à l’autorité de Vichy en faisant apparaître, à partir de 1943, des arrêtés du « Préfet du Maquis » qui fixent le prix des produits agricoles et donnent des instructions concernant le ravitaillement. Il réglemente les barèmes agricoles ainsi que les taux de blutage aux meuniers pour la fabrication du pain afin de contrer le marché noir et les tricheries.
Georges Guingouin cherche à montrer à la population que le maquis n’est pas une source de désordres, comme tente de le faire croire la propagande vichyste, et qu’un processus d’inversion du pouvoir est à l’œuvre.

À propos de La Petite Russie. Récits d’un maquis

La « Petite Russie » est le surnom donné par l’état major allemand, pendant la Seconde Guerre mondiale, à la région de la montagne limousine. C’est là qu’en août 1940, Georges Guingouin, jeune instituteur et responsable communiste local, appelle à la lutte et organise un premier réseau de Résistants.

Raconté par ses proches camarades de combat, le film retrace quatre années de lutte au cœur de ce territoire rebelle.

(Pyramide Production)

Ce film de Patrick Séraudie évoque la manière dont Georges Guingouin (1913-2005) — l’un des plus célèbres Résistants de la Haute-Vienne, autoproclamé « Préfet du maquis » — a pu s’appuyer sur la population de cette région limousine, à l’est de la Haut-Vienne, pour mener la lutte contre Vichy et l’Occupant.

Paradoxalement, au-delà de cette solidarité paysanne, c’est aussi de solitude dont parle le film. Solitude de personnages vivant et agissant dans un univers clandestin, soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher, attendre et prendre des décisions dans un grand isolement. J’utilise bien sûr la parole de Georges Guingouin (images d’archives), mais je veux surtout rendre hommage, en recueillant leurs témoignages, à ses « lieutenants », ses proches, hommes et femmes, qui ont risqué leur vie à ses côtés.

(Patrick Séraudie)

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