Les Phalanges de l’Ordre noir

Pierre Christin, Enki Bilal, Les Phalanges de l’Ordre noir, Les Humanoïdes associés, 2002, p. 75 et 79 (planches 69 et 73).

© Éditions Casterman S.A. / Pierre Christin, Enki Bilal
Pierre Christin, Enki Bilal, Les Phalanges de l’Ordre noir, p. 69
© Éditions Casterman S.A. / Pierre Christin, Enki Bilal

L’œuvre et le territoire

Quarante ans après la guerre civile espagnole, après la mort de Franco et le retour de la démocratie, un massacre a lieu dans un petit village isolé d’Aragon, Nieves, l’un des hauts lieux des combats entre républicains et franquistes durant l’hiver 1938 ; il est revendiqué par les « Phalanges de l’Ordre noir », un groupe d’anciens fascistes. Jefferson B. Pritchard, ancien des Brigades internationales qui a d’ailleurs combattu à Nieves, aujourd’hui journalistes à Londres, décide d’agir et réunit alors d’anciens camarades des Brigades pour contrer ce groupuscule terroriste d’extrême droite.

Après s’être retrouvés, les anciens camarades passent alors clandestinement les Pyrénées pour l’Espagne mais leurs contacts disparaissent dans un attentat à Barcelone, signé des Phalanges de l’Ordre noir. La traque de ces fascistes va alors emmener les vieux brigadistes sur les routes ou fleuves d’Italie, de Suisse, d’Allemagne et de Hollande, avant de se retrouver, désabusés par les pertes déjà nombreuses de camarades, à Paris où ils obtiennent finalement une piste.

Les Phalanges de l’Ordre noir se cachent dans un « ancien camp de harkis reconverti dans le confortable », à Bourg-Lastic dans le Puy-de-Dôme, à environ cinq kilomètres de la Corrèze. Les anciens des Brigades internationales approchent de la planque des phalangistes à vélo, souffrant sur le plateau de Millevaches, avant de donner l’assaut, à la violence extrême et dont seul l’initiateur de cette traque, Pritchard, sortira vivant, si l’on peut dire...

Pierre Christin et Enki Bilal, après le cycle des Légendes d’aujourd’hui avec La Croisières des oubliés (1975), Le Vaisseau de pierre (1976) et La Ville qui n’existait pas (1977) et avant Partie de chasse (1983), signent avec Les Phalanges de l’Ordre noir une de leurs « œuvres les plus accomplies [...] livr[ant] un regard cynique et glacial sur le destin de l’homme et ses combats idéologiques absurdes. L’illustration du poids des ans et de la vanité des idéologies amène immanquablement à se poser la question du sens de la vie, des combats et des idées. » (Sceneario.com)

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