Le Tunnel de Bonnel

Mine de plomb et encre, 29,5 × 24 cm.

© Philippe Ségéral
Philippe Ségéral, Le Tunnel de Bonnel
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© Philippe Ségéral

L’œuvre et le territoire

Le pont de Bonnel, entre Aubazine et Cornil, dans les gorges humides de la Corrèze où il faut bien s’enfiler dès qu’on sort de Brive en direction de Tulle, le chef-lieu, c’est une histoire de brivistes. C’est encore Pierre Bergounioux qui aura dit ce lieu dans une nouvelle, Le Porche de l’Erèbe (dont le texte a été repris dans Un peu de bleu dans le paysage, Verdier, 2001). Pour moi aussi, ce cafouillage improbable — essentiellement corrézien, branque — entre rivière écumante, route et voie ferrée, avec le pont d’un autre âge et le tunnel laborieux, c’était un lieu. J’ai joint des dessins au texte de Pierre, c’est devenu un « livre d’artiste » (Le Porche de l’Erèbe, Galerie Jacob, 1997).

(Philippe Ségéral)

Son rapport à la Corrèze

Dans la Corrèze où je suis né, peu de choses de la modernité se voyaient. Elles n’en étaient que plus notables. L’ironie est qu’elles n’étaient pas du tout modernes, en réalité. C’étaient des ponts de fer, des barrages, ou encore des viaducs en maçonnerie, etc. : des choses de l’âge héroïque — dépassé déjà, de la modernité. Mais, précisément, il y avait entre ces choses à l’air démodé et les paysages immémoriaux où elles surgissaient, à l’écart des lieux habités, un accord profond, une évidence poétique à laquelle on n’échappait pas.

(Philippe Ségéral)

Bonus

  • https://vimeo.com/192628269
    CC by-nc-nd AVEC en Limousin

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