Le Silence et la Douleur

© Pyramide Production
https://vimeo.com/169648969
© Pyramide Production

L’œuvre et le territoire

Après Une vie avec Oradour, Patrick Séraudie se penche, avec le Silence et la Douleur, sur la journée précédente, sur ce 9 juin 1944 où, à Tulle, 99 hommes sont pendus aux balcons de la ville et 149 sont déportés.

Si Oradour est ancré dans la mémoire collective, la situation est toute autre à Tulle.

Pour tenter d’en comprendre les raisons, il faut aujourd’hui revenir sur le déroulement des exactions en convoquant les témoins, en recherchant les traces et en décryptant les lieux du drame. À Tulle, une « chape de plomb » s’est abattue. Elle était au cœur même des évènements, fruit de la volonté des SS et n’a cessé de se développer.

(Pyramide Production)

Avec le Silence et la Douleur, Patrick Séraudie « réinvestit » la méthode éprouvée avec Une vie avec Oradour, donnant à voir et à entendre les témoins, à les suivre parfois même sur les lieux où le drame s’est noué, à interroger les enfants de suppliciés ou déportés... et en faisant visuellement émerger de manière discrète le passé.

Faire parler les lieux

Dans ces deux films, Une vie avec Oradour et le Silence et la Douleur, ma démarche est similaire. Il s’agit de rendre compte des évènements qui se sont déroulés dans ces lieux il y a plus de soixante-dix ans.

Et, même si, à Oradour, le village a été conservé en l’état, il est aujourd’hui bien difficile de visualiser les volumes des différentes granges ayant servi d’abri aux rescapés dans leur fuite, alors qu’elles ne sont plus que des murs effondrés.
À Tulle, les lieux du drame (la place Albert-Faucher et la manufacture d’armes) ont été entièrement transformés au gré des réaménagements urbains.
Dans les deux cas, afin de faire parler ces lieux, j’ai recours aux témoignages des témoins pour expliquer in situ les actions qui s’y sont déroulées.

Dans les deux cas, j’utilise aussi la création d’images virtuelles pour matérialiser les lieux et les actions. Concrètement, pour les deux extraits choisis, l’apport de ces images permet d’appuyer les propos des témoins.
À Oradour, je recrée, en images de synthèse, l’enchevêtrement des hangars et des passages dans le secteur de la grange Laudy. Ces images, proches de la photographie, je les ai voulu épurées et d’une grande sobriété.
À Tulle, je montre la place Albert-Faucher telle qu’elle était en juin 1944 lorsqu’elle fut investie par les SS de la division Das Reich. J’ai alors recours à l’animation pour des séquences plus stylisées, proches d’un négatif photographique.

(Patrick Séraudie)

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