La Petite Russie. Récits d’un maquis Le sabotage des botteleuses à Eymoutiers

Patrick Séraudie, La Petite Russie. Récits d’un maquis, Pyramide Production, 2008.

© Pyramide Production
https://vimeo.com/167693495
Un film de Patrick Séraudie, produit par Pyramide Production.
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L’œuvre et le territoire

Georges Guingouin — surnommé le « Préfet du maquis » ou encore Lou Gran par les paysans — tente de stopper les réquisitions de foin et de blé pour le Reich en détruisant à l’explosif deux botteleuses stationnées dans la gare d’Eymoutiers en décembre 1942. Les paysans sont contraints d’apporter leurs récoltes sur les places publiques où le conditionnement est fait par les botteleuses du ravitaillement général, machines agricoles qui facilitent le transport, la manutention et le stockage de foin.

Pour Georges Guingouin, « la parole était à la dynamite ». L’objectif premier pour la Résistance limousine était de se procurer une quantité suffisante d’explosifs pour mener à bien les opérations de sabotages. Cet extrait fait ainsi référence au vol de dynamite dans la mine de wolfram de Puy-les-Vignes, près de Saint-Léonard-de-Noblat, recréé par Paton et Georges Lannes dans R5 autour d’un maquis.

À propos de La Petite Russie. Récits d’un maquis

La « Petite Russie » est le surnom donné par l’état major allemand, pendant la Seconde Guerre mondiale, à la région de la montagne limousine. C’est là qu’en août 1940, Georges Guingouin, jeune instituteur et responsable communiste local, appelle à la lutte et organise un premier réseau de Résistants.

Raconté par ses proches camarades de combat, le film retrace quatre années de lutte au cœur de ce territoire rebelle.

(Pyramide Production)

Ce film de Patrick Séraudie évoque la manière dont Georges Guingouin (1913-2005) — l’un des plus célèbres Résistants de la Haute-Vienne, autoproclamé « Préfet du maquis » — a pu s’appuyer sur la population de cette région limousine, à l’est de la Haut-Vienne, pour mener la lutte contre Vichy et l’Occupant.

Paradoxalement, au-delà de cette solidarité paysanne, c’est aussi de solitude dont parle le film. Solitude de personnages vivant et agissant dans un univers clandestin, soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher, attendre et prendre des décisions dans un grand isolement. J’utilise bien sûr la parole de Georges Guingouin (images d’archives), mais je veux surtout rendre hommage, en recueillant leurs témoignages, à ses « lieutenants », ses proches, hommes et femmes, qui ont risqué leur vie à ses côtés.

(Patrick Séraudie)

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