Le ravin du meunier de Ponteix

Gravure de Fessart (11 × 16 cm), à partir d’un fusain sur papier d’Adrien Dubouché.

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Adrien Dubouché, Le ravin du meunier de Ponteix
Numérisation
© Bibliothèque francophone multimédia de Limoges

L’œuvre et le territoire

Adrien Dubouché, outre ses rôles de directeur du musée céramique et de son école d’art appliqués, se lança dans la pratique artistique. N’ayant jamais eu de formation officielle à proprement parler, il apprit le dessin en autodidacte. Mais son entourage amical du monde de l’art l’influença indéniablement. Il était un ami très proche de Charles Donzel et usa pleinement de ses conseils de paysagiste. Adrien Dubouché était aussi un fervent admirateur de Camille Corot dont il acquit quelques toiles comme l’œuvre phare Orphée ramenant Eurydice des Enfers. C’est riche de ces amitiés qu’il entreprit la pratique du fusain dans les années 1860. Pour ce faire il se fit construire un atelier dans sa propriété près de Verneuil-sur-Vienne, éclairée par de riches verrières. Il exposa à la Société des amis des Arts du Limousin et à celle de Bordeaux où ses paysages furent fort appréciés par les critiques bien qu’il ne chercha jamais à être reconnu.
Peu de sources évoquent aujourd’hui ses pratiques artistiques hormis quelques critiques locaux qui furent les rares à s’intéresser à son art.
Camille Leymarie, critique d’art limousin et directeur de la bibliothèque du musée céramique nous livre ces quelques mots dans L’Artiste de 1882 :

Il y a une vingtaine d’année il [Adrien Dubouché] envoyait au Salon des fusains très remarqués, le faire était large, la touche pleine de crânerie et il se dégageait de ces œuvres puissantes, une intense poésie champêtre ; Dubouché excellait à représenter les frais cours d’eau bordés de grands aulnes, il rendait avec un singulier bonheur les eaux tranquilles que les arbres des rives baignent d’une ombre blonde, presque lumineuse ; d’autre part le Musée céramique possède de lui des appliques et de belles assiettes ornées de paysages dessinés en sanguine à la plume, dans le goût des aquafortistes.

Le paysage représenté ici est le Ponteix, près de Limoges, où la mère d’Adrien Dubouché, résidente à Bordeaux, avait une résidence d’été où se retrouvait la famille pour quelques semaines. Comme le mentionne Adrien Dubouché dans une lettre adressée à sa mère, il aime venir y respirer l’air pur de la campagne, faisant des provisions pour un an, avant de rentrer à Bordeaux et Cognac où il réside à l’année.

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