Le Pont suspendu

Mine de plomb et encre, 44 cm x 56 cm.
Publié dans Le Fleuve des âges de Pierre Bergounioux (Fata Morgana, 2004).

© Éditions Fata Morgana
Philippe Ségéral, Le pont suspendu
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© Éditions Fata Morgana

L’œuvre et le territoire

Les ponts suspendus, Meyronne, Gluges, c’était déjà le Lot, lorsqu’à Bretenoux, la Dordogne — toujours elle — oblique plein Ouest, règle encore leur compte à quelques causses présomptueux, puis roule ensuite, souveraine, vers l’Océan. Enfant, j’aimais ces ponts, avec leurs arches maçonnées et leurs gros faisceaux de câbles, que les flèches et les haubans minimalistes des grands ponts actuels font paraître d’une légèreté maladroite et surannée : c’était comme un jeu complice avec la rivière victorieuse.

(Philippe Ségéral)

Son rapport à la Corrèze

Dans la Corrèze où je suis né, peu de choses de la modernité se voyaient. Elles n’en étaient que plus notables. L’ironie est qu’elles n’étaient pas du tout modernes, en réalité. C’étaient des ponts de fer, des barrages, ou encore des viaducs en maçonnerie, etc. : des choses de l’âge héroïque — dépassé déjà, de la modernité. Mais, précisément, il y avait entre ces choses à l’air démodé et les paysages immémoriaux où elles surgissaient, à l’écart des lieux habités, un accord profond, une évidence poétique à laquelle on n’échappait pas.

(Philippe Ségéral)

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