Le pin

Louis Chadourne, Accords, Gallimard, 1929, p. 152-153.

Le pin

Les plus beaux de nos jours sont de clairs paysages
Où l’odeur lumineuse et le rire des choses
Se mêlent, apaisants, aux doux et chers visages,
Qui dorment dans le temps et les mémoires closes.

Et vous, sage maison au frais balcon de roses,
Éclat du sable d’or et craquant aux allées,
Au vent moussu du puits où les pigeons se posent
Près de la haie de buis et des sauges pourprées.

Ne contenez-vous pas, chères, chères images,
Tant de frêles bonheurs, tant d’amours, tant de peines
Qu’en vous, telle la ruche au milieu du feuillage
Bourdonne tout l’essaim des heures anciennes.

Louis Chadourne, Accords (Le pin)

L’œuvre et le territoire

Le poème Le pin, issu du recueil Accords paru de façon posthume, évoque le domaine familial du Bousquet à Cublac, en Corrèze, auquel il est très attaché, comme ses frères.

Dans son journal, il évoque sa chambre au Bousquet et le panorama qu’elle offre sur la campagne environnante.

Le Bousquet. 12 août. Soir...

Me voilà maintenant à la campagne. Je regrettais un instant de quitter Brive. Je suis aujourd’hui fort heureux d’être installé au Bousquet... Ma chambre est grande et gaie, éclairée par deux grandes fenêtres ; le coup d’œil est superbe. D’un côté, vue sur la plaine de Brive, bornée à l’horizon par la ligne souple des monts d’Aubazine. De l’autre, vue sur Terrasson qui s’étage sur un coteau verdoyant. Au bas, la Vézère déroule une longue écharpe de brouillard argenté, qui flotte moelleuse entre les branches d’arbres...

Louis Chadourne, Journal

Bonus

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    Nadine Béchade lit le poème « Le Pin » de Louis Chadourne
    © FILL

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