Tour de France des villes incomprises Le musée de la Sénatorerie...

Vincent Noyoux, Tour de France des villes incomprises, Éditions du Trésor, 2016, p. 51-52.

© Éditions du Trésor

Le musée de la Sénatorerie est à Guéret ce que le Louvre est à Paris. On y trouve aussi bien des vases de jade chinois que des sculptures gallo-romaines et des émaux du Limousin. On y voit surtout une étonnante collection d’animaux naturalisés du monde entier, dans la grande tradition des cabinets d’histoire naturelle du XIXe siècle. Derrière des vitrines d’un autre âge se côtoient lion, crocodile, paon, singes, puma, ours blanc, kangourou et papillons, l’arche de Noé au grand complet. Mais le clou du musée reste la salle des peintres de la vallée de la Creuse. De 1850 à 1930, une colonie d’impressionnistes transforma cette petite vallée perdue en atelier d’art à ciel ouvert. George Sand les avait appâtés un peu plus tôt en décrivant ses balades avec Chopin sur les ruines de Crozant. Les paysages d’Armand Guillaumin explosent de roses, de mauves, de violets, Paul Madeline voit des ciels acidulés, Alfred Smith des coteaux rose et vert vif. Un vent de psychédélisme souffle sur les toiles. Les sites choisis sont toujours les mêmes : les ruines de Crozant, les gorges de la Sédelle, les bords de la rivière Creuse. Tout ceci donne une furieuse envie d’y faire un tour. Ça n’est pas loin d’ici, 40 kilomètres tout au plus.

Vincent Noyoux, Tour de France des villes incomprises (Le musée de la Sénatorerie...)
© Éditions du Trésor

L’œuvre et le territoire

On trouve de tout au musée de la Sénatorerie. C’est en substance ce que veut signifier Vincent Noyoux en décrivant la diversité des collections du musée guérétois. Une manière également pour lui d’introduire la Vallée des peintres, le musée conservant notamment plusieurs toiles d’Armand Guillaumin ou d’Alfred Smith. Cette riche histoire artistique de la vallée de la Creuse lui permettra de nuancer son portrait corrosif de la préfecture creusoise.

À propos de Tour de France des villes incomprises

Avec son Tour de France des villes incomprises, Vincent Noyoux part à la découverte de douze villes françaises (Cergy, Châtel-Guyon, Cholet, Draguignan, Guéret, Maubeuge, Mulhouse, Saint-Nazaire, la vallée de la Fensch, Verdun, Vesoul et Vierzon), présentées comme « incomprises » en raison d’une réputation négative que l’auteur entend éprouver. L’objectif est d’expérimenter de façon sensible ces destinations inattendues, notamment par des rencontres avec des habitants, afin de les comprendre et, si possible, les réhabiliter.

Lors de son escapade en Creuse, Vincent Noyoux visite Guéret ; il en rencontre des habitants, dont Baptiste Ridoux en charge de la Quincaillerie numérique ou Hugues Bachelot qui lui parle de la « gloire locale » controversée, Marcel Jouhandeau. Il se rend également dans la vallée des Peintres, près de Crozant.

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