Monument aux martyrs d’Oradour

1944-1945

Sculpté en terre par Apel·les Fenosa et fondu en bronze par Rudier.

© ADAGP, Paris, 2018.
Apel·les Fenosa, Monument aux martyrs d’Oradour
Photo
© Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane

L’œuvre et le territoire

Après son retour en France en 1939, Apel·les Fenosa crée des sculptures marquées par la Seconde Guerre mondiale. Certaines d’entre elles sont liées au Limousin, où il est recueilli par les familles Haviland et d’Albis. Il crée ainsi La guerre se prosternant devant la paix et le Monument aux martyrs d’Oradour, salué notamment par Paul Éluard et Jean Genet.
Cette œuvre montre la nécessité pour Fenosa de témoigner. On sait qu’il vient à Oradour dès septembre 1944 et qu’il réalise le modelé en terre de la sculpture pendant l’hiver 44-45 dans son atelier à Paris. La pièce est ensuite fondue en bronze par le fondeur Rudier.
Exposé au XIIe Salon des Surindépendants, le Monument aux martyrs d’Oradour reçoit un accueil favorable. Le quotidien La Croix note que c’est l’œuvre la plus attractive... elle représente « une femme, promise à la maternité, proie des flammes mais aussi Phénix renaissant... » Pourtant, au même moment, l’évêque de Limoges engage une polémique et la sculpture sera vite reléguée dans les réserves du Musée national d’art moderne de Limoges.

En 1980, la sculpture doit être déposée à Oradour suite à un arrêté du ministre de la Culture mais cela ne pourra se faire et la statue est placée sur un rond point à Limoges au carrefour d’Oradour-sur-Glane.
C’est à partir de 1995 que l’œuvre est perçue différemment (suite à une exposition temporaire) et qu’enfin la sculpture peut s’installer à Oradour, en élévation sur un socle haut qui porte la phrase de Paul Éluard :

Ici des hommes firent à leur mère et à toutes les femmes la plus grave injure. Ils n’épargnèrent pas les enfants.

Les poètes Éluard, Supervielle ou Ponge ont salué la perpétuelle nature indécise des sculptures de Fenosa, partagées entre l’humain, le minéral, le végétal, l’eau et le feu. La fusion des règnes et des éléments préside depuis les années 40 à l’œuvre métamorphique de l’artiste qui déclarait :

La race pure n’existe pas. Il n’y a que des mélanges.

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