Le Prieur des pénitents rouges Le lendemain matin...

Élie Berthet, Le Prieur des pénitents rouges, E. Dentu, 1877, p. 262-263.

Le lendemain matin, à l’heure du marché, une foule immense remplissait la place des Bancs. Cependant on voyait que ce jour-là ce n’était pas l’espoir de vendre leurs légumes et leurs autres denrées qui avaient attiré les gens de la campagne dans ce lieu ordinaire de leurs réunions : les marchands de toute espèce n’avaient pas étalé leurs éventaires portatifs, et elles avaient eu raison, car à voir cette foule qui croissait de minute en minute, il était évident que les étalages et leurs propriétaires eussent été inévitablement culbutés par les curieux qui débouchaient de toutes les rues avoisinantes.
Au centre de la place s’élevait la potence vers laquelle convergeaient tous les regards. Un des aides du bourreau était nonchalamment appuyé contre le poteau, auquel était déjà suspendue la corde fatale.

Élie Berthet, Le Prieur des pénitents rouges (Le lendemain matin...)

L’œuvre et le territoire

La foule s’empresse sur la place des Bancs à l’heure du marché. Néanmoins, les étals de légumes n’ont pas été installés et les boutiques sont restées fermées : la population s’est réunie pour la pendaison du jeune homme accusé de vol.
Avant qu’il n’arrive, les pénitents rouges font la quête, sollicitant la foule pour pouvoir offrir une sépulture au condamné.

À propos de Le Prieur des pénitents rouges

Avec ce feuilleton que l’on pourrait qualifier de fable à la morale quelque peu discutable mais à l’ironie certaine, Élie Berthet donne à voir le Limoges du milieu du XVIIIe siècle et plus particulièrement cette place du marché, la place des Bancs, où est dressée la potence.
Publié dans Le Siècle en 1839, Le Prieur des pénitents rouges met en scène Jean-Baptiste Moranges, marchand bourgeois de la ville, prieur des pénitents rouges, ordre chargé d’assister les condamnés à mort, de les accompagner au lieu du supplice et de s’occuper de leur dépouille et qui pouvait également les sauver. C’est justement de cette « fonction » dont va bénéficier un « pauvre jeune homme » condamné pour un vol avec effraction qui a su toucher le prieur.

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