La Vengeance de Mademoiselle Jin Le grenier du château

Véronique Bréger, La Vengeance de Mademoiselle Jin, Les Ardents Éditeurs, 2011, p. 277-279.

© Les Ardents éditeurs

Le grenier dans lequel j’avais atterri, en empruntant l’échafaudage, se situait au-dessus de la façade arrière où été aménagée la partie la plus récente de l’édifice. C’est en écartant la bâche afin de dégager un passage que j’avais pris ma décision ; je ne savais pas par où commencer, j’entamerais donc ma visite par la chambre du pacha. Le sol du vaste grenier ressemblait à celui d’un terrain de tennis en terre battue, je me servis des planches disposées tels des fils rouges pour trouver mon chemin. Elles m’amenèrent devant un escalier qui reliait l’ossature titanesque à un grenier aux proportions plus raisonnables. Une porte se dessina dans l’ombre, je débouchai sur un palier en demi-cercle. J’étais dans l’une des tours, un escalier étroit plongeait dans les profondeurs de la structure de l’édifice. Une tour ? J’hésitai à intensifier l’éclairage et je ne pus distinguer le sol. Ma paume sur la main courante rencontra la douceur du bois usé ; le craquement des marches accompagna ma descente. Je parvins à une plateforme étroite, un panneau mobile offrait la possibilité de pénétrer dans un autre espace. Je décidai de quitter le colimaçon. Le parquet ciré remplaça celui, usagé, de l’escalier de service ; j’avais réussi, j’étais à l’intérieur du château de Claude-Alexandre. Trop forte ! OK, et maintenant ? Je vais à gauche ou à droite ? L’absence d’indication écrite — comment avais-je pu imaginer qu’il y en aurait — rendait l’orientation difficile. L’étage était construit sur la base d’un rectangle au milieu duquel une cour intérieure offrait l’accès à la lumière du jour. Sauf que là, il fait presque nuit. Je repérai les fenêtres donnant sur l’espace découvert, j’étais prête à toucher le verre ancien quand mon cœur fit un bond. J’arrachai ma lampe frontale et me figeai. À l’opposé de l’endroit où je me trouvais, une lueur se déplaçait.

Véronique Bréger, La Vengeance de Mademoiselle Jin (Le grenier du château)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

Évi Marc doit pénétrer dans le château pour résoudre son enquête ; mais comment y parvenir sans éveiller les soupçons ? Les échafaudages contre la façade du château, montés pour réparer la toiture, sont la clé pour Évi qui commence alors sa découverte du château par le grenier.

À propos de La Vengeance de Mademoiselle Jin

La Vengeance de Mademoiselle Jin est le deuxième tome d’une trilogie de Véronique Bréger publiée chez les Ardents Éditeurs.
Le récit de ce roman mêle les aventures du Pacha Bonneval en Turquie en 1739 et une quête mystérieuse de nos jours.

Hiver 1739 : Les grandes familles royales du vieux continent s’entre-déchirent pour asseoir leur souveraineté et leur puissance. Des alliances se nouent, des complots se trament. A l’est des frontières occidentales, les forces ottomanes fourbissent leurs armes. C’est dans ce contexte détonnant qu’un navire en flamme s’échoue aux abords d’un village turc de la mer Noire. A son bord, un émissaire porteur d’un message qui pourrait bouleverser la donne.

Après La Nuit des Orpailleurs, on retrouve le personnage atypique d’Évi Marc, jeune détective privée parisienne, missionnée par les services secrets français pour récupérer une icône du XVIIIe siècle en Grèce. Marquée à jamais par son premier séjour en Limousin et résolue à ne plus y retourner, Évi est loin de se douter que l’énigme qui se cache derrière cette icône l’y ramènera et plus particulièrement au château de Coussac-Bonneval.

Un groupe de janissaires surgis du passé. Un gentilhomme français grand aventurier et visionnaire. Un richissime homme d’affaires prêt à tout pour parvenir à ses fins. Un faux moine téméraire et fidèle. Une redoutable triade. Évi Marc aura fort à faire si elle souhaite… rester en vie !

(Les Ardents Éditeurs)

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