Little Bighorn Le Dorat

Joël Nivard, Little Bighorn, Geste éditions, 2015, p. 121-122.

© La Geste

D’où que l’on arrive, on ne peut éviter la place de la Collégiale du Dorat. Le plan de circulation inévitablement ramène le touriste qui se serait égaré sur cet emplacement aménagé pour accueillir les visiteurs de l’austère bâtiment. À droite, en remontant la Grande Rue, on débouche par la rue Rouge sur la place Charles-de-Gaulle et ses deux cafés avec chacun leur clientèle bien particulière. Le Café de la Poste, pour la jeunesse, et le Café français, petit hôtel-restaurant à la table convaincante, pour une restauration conviviale.
Comme beaucoup de petites villes de cette région de la Basse-Marche, Le Dorat s’enfonce petit à petit dans une désertification chronique, n’attirant plus que quelques touristes l’été, vacanciers d’un jour ou d’une semaine. Seuls les autochtones restent accrochés à leurs racines, mais personne ne vient relever ces forces vieillissantes. Faute de travail. D’agriculture laminée. Où même sur ces pâturages verdoyants, traditionnellement d’élevage du mouton, la filière de la viande ne parvient plus à trouver aujourd’hui de réelles perspectives.
Pour toutes ces raisons, le Haut-Limousin, plus qu’ailleurs peut-être, empêtré dans son terroir, attaché à son authenticité rustique, est la dernière grande réserve naturelle pour seniors en fin de vie.
Comment pourrait-elle ne pas détester cette ville ?

Joël Nivard, Little Bighorn (Le Dorat)
© La Geste

L’œuvre et le territoire

L’auteur nous propose une description de la ville du Dorat qu’il ne porte pas dans son cœur, tout comme les personnages de ce roman et plus particulièrement Lucille qui la qualifie de « trou du cul du monde ».
Selon Joël Nivard, l’imposante collégiale en granit gris pèse sur la ville : « l’austérité du lieu me chagrine ».

À propos de Little Bighorn

Ce thriller nous entraine une nouvelle fois en Limousin et plus précisément dans le Haut-Limousin qui ne sied à personne. Lucille, jeune femme de dix-sept ans, est contrainte de retourner au Dorat, petite ville où elle est née et qu’elle déteste. L’adjudant-chef de gendarmerie Martinez, quant à lui, ne supporte ni le climat ni le paysage du Haut-Limousin dans lequel il ne parvient pas à s’intégrer, encore hanté par des images et des histoires du passé.
Toutefois, le territoire regorge de personnages hauts en couleur comme Camarade, l’immigré parisien à la langue bien pendue, et Cheyenne, le premier homme à regarder Lucille autrement.
Little Bighorn, un été en Limousin, par son titre, fait également référence à la bataille de Little Bighorn qui a eu lieu le 25 juin 1876 dans le territoire du Montana aux États-Unis.

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