Le Der des ders

Didier Daeninckx (scénario), Jacques Tardi (dessin), Le Der des ders, Casterman, 1997, p. 29-30.

© Éditions Casterman S.A. / Didier Daeninckx, Jacques Tardi
Didier Daeninckx & Jacques Tardi, Le Der des ders, p. 29
© Éditions Casterman S.A. / Didier Daeninckx, Jacques Tardi

L’œuvre et le territoire

L’enquête d’Eugène Varlot le mène dans un hôpital qui accueille d’anciens soldats, des gueules cassées dont Alizan, visité de temps en temps par la femme du colonel Fantin et sa fille, démembré et défiguré par un obus, officiellement dans la Somme mais en fait en Creuse, au camp de La Courtine, en 1917.
1917, année des mutineries dans les tranchées françaises et année de la Révolution russe ; inquiet d’une contagion des idées révolutionnaires russes dans le contingent français, le commandement militaire français décide de retirer les soldats russes du front puis de les en éloigner. C’est ainsi qu’en juin-juillet 1917 les soldats russes sont envoyés au camp de La Courtine où on leur laisse armes et munitions.
Une opposition voit le jour entre deux brigades, l’une « bolcheviks », l’autre loyaliste ; cette dernière quitte alors le camp pour se retrouver à Felletin. Les soldats restants, réclamant leur retour en Russie pour participer à la Révolution, autogèrent le camp et refusent de répondre à la demande des autorités françaises de rendre leurs armes. Cette situation va alors déboucher sur un pilonnage du camp par les troupes françaises et loyalistes russes et par l’assaut du camp par ces derniers.

Le Der des ders

Le Der des ders nous emmène à Paris, en 1920, sur les traces d’Eugène Varlot, ancien poilu reconverti en détective privé, « spécialisé » dans les cas d’adultère et qui a développé un nouveau « service » : il propose en effet aux familles qui n’ont pas vu revenir les leurs de retrouver ces derniers, s’appuyant sur des albums photos des gueules cassées, des anonymes de retour du front...
Eugène Varlot se voit contacté par le colonel Fantin de Larsaudière, héros du 296e Régiment d’Infanterie, victime d’un maître-chanteur ; le colonel Fantin y voit un lien avec sa femme, riche et dont la famille possède une distillerie de Cognac, qu’il soupçonne d’adultère. Mais petit à petit, Eugène Varlot va découvrir bien plus qu’une affaire d’adultère et être replongé dans la guerre – qu’il n’a jamais véritablement quitté, victime d’un cauchemar récurrent – et ses secrets et abjections et dans l’après-guerre avec une histoire de trafic de stocks américains...

Le Der des ders est l’adaptation par Didier Daeninckx et Jacques Tardi du roman du même nom du même Daeninckx et constitue la première collaboration de ces deux auteurs.

Le Der des ders apparaît véritablement comme un « concentré » de l’œuvre de Jacques Tardi, une « synthèse » si l’on peut dire entre ses adaptations de Nestor Burma – personnage créé par Léo Malet – et ses albums consacrés à la Première Guerre mondiale tels C’était la guerre des tranchées, avec toujours ce même dégoût de la guerre et portant son discours antimilitariste et pacifiste.

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