Chez les magiciens et les sorciers de la Corrèze Le château de Pebeyre

Dessin aquarellé sur papier, 32,6 × 39 cm.

Gaston Vuillier, Château de Pebeyre
Photo : Jean-François Amelot, Seilhac.
© Ville de Tulle – Musée du Cloître

L’œuvre et le territoire

Le château de Pebeyre, situé sur la commune de Saint-Pardoux-la-Croisille est édifié à partir du XIIe siècle. Bien après la construction du corps de logis en équerre, une tour escalier lui est ajoutée dans l’angle intérieur au cours du XVe siècle. C’est à cette même époque qu’est construite la chapelle, consacrée en 1481 après l’autorisation de Sixte IV. Le château se transmet de générations en générations dans la famille Lespinasse de Pebeyre jusqu’à ce que surgisse la Révolution. Son propriétaire d’alors, Jean-Joseph de Lespinasse, se voit confisquer ses biens en 1792 ; sa famille est jetée en prison à l’exception de sa sœur qui reprend possession du château qui a subi quelques pillages.

Bien qu’au premier coup d’œil l’illustration de Gaston Vuillier donne une impression de négatif, il s’agit d’un dessin sur papier, rehaussé à l’aquarelle. L’artiste use de quelques couleurs froides savamment disposées, lui permettant de jouer avec la lumière et d’accentuer les contrastes permis par la forme en équerre de l’édifice. Gaston Vuillier réussit ainsi à redonner vie au château des Lespinasse, lui conférant un aspect autant romantique que dramatique.

À propos de Chez les magiciens et les sorciers de la Corrèze

Il faut attendre 1899 pour que Gaston Vuillier propose un nouveau reportage au Tour du monde consacré au Limousin, et plus particulièrement à la Corrèze qu’il a découverte en 1893 à l’occasion de « En Limousin (paysages et récits) ». Ayant été marqué par Gimel et ses cascades, il s’y installe en partie et commence à acheter des terrains mitoyens aux chutes à partir de 1898.

Avec « Chez les magiciens et les sorciers de la Corrèze », Gaston Vuillier propose une véritable enquête consacrée aux « médecines », rites et croyances locales, rendant compte par l’écrit et l’illustration (presque exclusivement des aquarelles) de ses rencontres et discussions avec différents metzes ainsi que des procédés que ceux-ci mettent en œuvre aussi bien pour guérir que pour envoûter.
Les dessins et le récit sont indissociables : le récit donne le contexte des scènes représentées, cite les lieux, les personnages, les circonstances des rencontres. Les dessins sont des compositions travaillées où les effets de clair-obscur sont mis au service de l’effet saisissant voulu.

Il convient de noter l’importance qu’accordait le fondateur de la revue Le Tour du monde, Édouard Charton, aux gravures accompagnant les reportages qu’il publiait :

Il paraîtra naturel que nos efforts tendent à donner aux gravures du Tour du monde une importance égale à celle du texte même. Si dans les œuvres poétiques ou romanesques les gravures ne sont qu’un ornement, dans les relations de voyages elles sont une nécessité. Beaucoup de choses, soit inanimées soit animées, échappent à toute description : les plus rares habiletés du style ne parviennent à en communiquer à l’esprit des lecteurs qu’un sentiment vague et fugitif. Mais que le voyageur laisse la plume, saisisse le crayon, et aussitôt, en quelques traits, il fait apparaître aux yeux la réalité elle-même qui ne s’effacera plus du souvenir.

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