La Vienne

vers 1980

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MP3 - 2.1 Mo
Nicole Recton, La Vienne
Enregistrement : Jeannette Dussartre-Chartreux ou Nicole Recton (?), années 1980.

L’œuvre et le territoire

Le premier couplet de cet air très bucolique chante l’arrivée majestueuse de la rivière dans une cité, Limoges, que l’on devine toujours très proche de sa campagne. La Vienne n’en demeure pas moins essentielle pour le développement de l’industrie. Le deuxième couplet fait allusion aux révoltes ouvrières qui agitent le quartier populaire et emblématique des Ponts, et précisément à la grève qui en 1905 toucha l’usine de feutres Beaulieu, près du pont Neuf, dont la maison patronale est toujours visible aujourd’hui.

Le troisième couplet, sans doute le plus original, fait allusion à une situation politique locale particulière. Lors des élections municipales de 1912, la liste des socialistes unifiés arrive en tête et remporte le scrutin (ouvrant une période de cent deux ans de domination socialiste à la mairie de Limoges, exception faite de la période vichyste). C’est logiquement au mieux élu de la liste, le ponticaud Louis Goujaud (1865-1920), que doit échoir le siège de maire, mais un accord antérieur et secret attribue finalement ce poste à Léon Betoulle, non sans susciter un vif ressentiment de la part des habitants des Ponts à l’égard de cet « arriviste » qui reste maire jusqu’en 1940, et le redevient de 1947 à 1956.

Léon Jeammot, père de Simone Cacaly et Nicole Recton, qui chantent « La Vienne » avec beaucoup d’émotion, interprétait régulièrement cette chanson lorsque Léon Betoulle, qui est bien évidemment la cible du troisième couplet, descendait assister au vin d’honneur qui ouvrait traditionnellement la Fête des Ponts.

Texte de la pochette du 33 tours Rue de la Mauvendière. Musique et chansons à Limoges à la « Belle Époque », 1986.

Le conseil municipal présidé par Léon Betoulle attribuera toutefois en 1923 le nom de Louis Goujaud au quai nouvellement ouvert le long de la Vienne, entre le port du Naveix et le pont Neuf.

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