Lieux de l’écrit La route en contrebas du hameau des Cards

16 juillet 2008

© Thierry Girard
Thierry Girard, La route en contrebas du hameau des Cards
© Thierry Girard

L’œuvre et le territoire

Thierry Girard aime « l’oralité savante de Michon, adepte du point-virgule et d’une scansion singulière », né aux Cards, hameau situé sur la commune de Châtelus-le-Marcheix, à proximité de Saint-Goussaud ; noms qui ne peuvent être étrangers aux lecteurs des Vies minuscules.

Pierre Michon est né en 1945 aux Cards, un hameau de terres maigres, de monts boisés et de combes froides près de Châtelus-le-Marcheix. Le premier récit de Vies minuscules se passe justement aux Cards où ses grands-parents tiennent une ferme modeste qui suffit tout juste à les nourrir. Sa mère est alors une jeune institutrice et son père a, quant à lui, vite disparu du paysage.

Cette ferme, où Pierre Michon réside encore de temps à autre, a gardé son aspect d’autrefois, même s’il n’y a plus d’activité, ni outils ni animaux. Elle est la dernière ferme au bout du chemin, un peu à l’écart du hameau, au bord d’une grande prairie qui s’arrondit vers une combe. Il y a ni portail, ni barrière, la cour herbue est ouverte. Un chemineau de passage pourrait dormir dans la grange. En photographiant ce que j’ai imaginé être un bonheur d’enfance de Pierre Michon, j’ai eu le sentiment de retrouver mon propre bonheur d’enfance, l’ombre délicieuse des grands arbres et des voûtes de feuillage au-dessus des chemins creux dans la campagne enserrée de chaleur.

(Thierry Girard)

À propos de Lieux de l’écrit

Entre 2007 et 2009, Thierry Girard profite des nombreux séjours qu’il effectue en Limousin pour réaliser ses Paysages insoumis afin d’évoquer les lieux chers aux grands écrivains que sont Pierre Bergounioux, Pierre Michon et Richard Millet, « trois des plus grands stylistes de la langue française, mais qui disent aussi, au-delà du style, avec une langue travaillée, précise, mais jamais maniérée, la question de l’origine, de la mémoire, de l’enfance, de la terre, de la terre de l’enfance, et de la perte, de la dissolution des choses, et comment l’être se constitue par l’écriture, à travers elle, pour y faire face. »

Localisation

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