La recherche des cèpes en automne sous la pluie

Jean-Pierre Thuillat, La recherche des cèpes en automne sous la pluie, Éditions de l’Arbre, 1998.

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XIII
Antienne

Par temps de cèpes
il n’y a guère de place dans les bois.
Les châtaigniers
n’arrivent plus à trouver le sommeil
tant les jupes relèvent
sur les jambes fumées des filles.

Il n’est pas rare
en ces jours de goguette
de lier conversation avec une paysanne
quasi nonagénaire
qui découvre son papier
chapeauté de fougères
pour le plaisir de la cueillette.

On ne la quitte pas sans désarroi.

XIV

La marraine connaît tous les coins. Dans un rayon de trois kilomètres autour de La Chaise, pas un sentier qui ne lui échappe, pas un buisson qu’elle n’ait reconnu, pas un bosquet qu’elle n’ait fouillé. Nul châtaignier, nul chêne remarquable dont elle n’ait contourné le pied, exploré le large couvert.
Elle sait le lieu adéquat et le moment propice. Sa science est toute d’empirisme, modelée par des décennies de lente patience et d’expérience, une fréquentation assidue du terroir. Car, comme le monde, le cèpe appartient d’abord à qui se lève de bonne heure.

Jean-Pierre Thuillat, La recherche des cèpes en automne sous la pluie
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L’œuvre et le territoire

Volontiers marcheur et chercheur de champignons, Jean-Pierre Thuillat publie en 1998 un recueil de courts textes poétiques sur la recherche des cèpes.
Il y est question d’un taillis situé entre les lieux dits La Chaize-du-Midi (commune de Saint-Yrieix-la-Perche) et Le Gravier (commune de Glandon).

Localisation