La mère Lépinat, aubergiste des peintres

Huile sur toile, 35 × 26,5 cm.
Don Mazet au musée de Guéret, 1946.

Ernest Hareux, La mère Lépinat, aubergiste des peintres
Photo
© Musée d’Art et d’Archéologie, Guéret

L’œuvre et le territoire

Ernest Hareux représente ici madame Lépinat qui tenait l’hôtel de Crozant, point de ralliement de tous les peintres de la vallée de la Creuse, qu’ils soient de passage ou qu’ils aient la chance de posséder une résidence à proximité, comme Armand Guillaumin qu’y croise Albert Geoffroy

À peine arrivés à l’hôtel, mes amis me présentent à Madame Lépinat, dont la figure bienveillante me séduit tout d’abord. Brune, bien plantée sur de fortes hanches, les yeux vifs, la bouche souriante et ornée de jolies dents, notre hôtesse éveille dans mon esprit l’idée d’une excellente personne, maîtresse chez elle et heureuse de vous y recevoir.

Albert Geoffroy, Huit jours à Crozant

Musique, chansons, contes animaient ces soirées où les peintres s’égayaient après de longues journées passées seuls ou en groupes à peindre sur le motif.

On sent dans cette toile l’influence des peintres nordiques du XVIIe siècle qui ont développé ce thème d’un personnage près d’une fenêtre ouverte sur l’extérieur. Le soleil vient baigner de lumière une partie de cette cuisine. Une certaine mélancolie se dégage de cette femme âgée, concentrée sur son labeur. Les détails de la vie quotidienne, traités comme des natures mortes indépendantes, le linge sur l’escalier, les bouteilles et le panier de légumes sur la table, constituent autant de rappels discrets du métier exercé par madame Lépinat.

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