La grenouille et le bœuf

Une grenouille regardait un bœuf
Qui lui paraissait beau de taille.
Elle qui n’était pas aussi grosse qu’un œuf,
La voici de s’enfler ; elle s’étend, se travaille,
Et elle se croit, de bonne foi,
Déjà aussi grosse que lui.
« Est-ce vrai ? Suis-je assez enflée ? »
Dit-elle à sa camarade.
« Bah ! Non point. »
« Eh bien, maintenant ? »
« Peuh ! En êtes-vous loin encore !
Elle faillit se mettre en colère.
« Cette fois ? … pas vrai que j’y suis ? »
« Bah ! Vous n’y tomberez jamais. »
Elle recommence à faire jouer sa mâchoire ;
Mais elle le paya cher, cette fois.
Elle s’enfla comme une vessie,
Et éclata comme un marron au feu.

Ce conte n’est pas tant une fable ;
Et cela arrive bien tous les jours.
Pour la toilette, pour la table,
Les petits veulent marcher comme des gros seigneurs.
Madame Vanité chatouille ;
Tel qui s’enfle croit être grand,
Et la véritable grenouille
N’est pas celle de l’étang.

Jean-Baptiste Foucaud, La grenouille et le bœuf
Traduction française
© Institut d’études occitanes du Limousin

L’œuvre et le territoire

Connu pour avoir adapté en occitan de nombreuses fables de La Fontaine, Jean-Baptiste Foucaud a notamment adapté La grenouille et le bœuf.

Notice issue de l’exposition « 200 ans de littérature occitane limousine ».

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