La Dame à la licorne

fin XVe - début XVIe

Composition de six pièces tissées.

La Dame à la licorne, « La Vue »
Photo : François Spilliaert ; source : Flickr
CC by-nc

L’œuvre et le territoire

La tapisserie dite de la Dame à la licorne est une composition de six pièces de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle, postérieure à la série la Chasse à la licorne, tissée vers 1500 et conservée au Metropolitan Museum de New-York.
Considérées comme des chefs-d’œuvre des débuts de la Renaissance française, la célébrité des deux séries de tapisserie est telle que l’animal imaginaire peut être considéré aujourd’hui comme emblématique de la tapisserie.

Interprétée comme une allégorie des cinq sens et du désir, la Dame à la licorne est un exemple de tapisserie millefleurs qui reprend sur chacune des six pièces les mêmes éléments, les personnages et les animaux se détachent sur un fond irréel et paradisiaque de fleurs et d’arbres.
Elle représente, sur une sorte d’île parsemée d’animaux et de fleurs en rinceaux, plantée de touffes végétales où la couleur bleu sombre contraste avec le fond rouge vermeil ou rose, une jeune femme, vêtue de velours et de riches brocarts, parfois accompagnée d’une suivante et d’autres animaux, qui pose entourée d’emblèmes héraldiques, une licorne à droite et un lion à gauche.

Redécouverte au château de Boussac en 1841 par Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques, la Dame à la licorne est célébrée notamment par George Sand qui l’évoque à plusieurs reprises dans ses écrits. Ainsi, si l’auteure présente ces tapisseries dans son roman Jeanne en 1844, elle s’étend bien plus dans une chronique qu’elle publie en 1847 dans l’Illustration, journal universel — reprise en 1866 dans Promenades autour d’un village — où elle la décrit et émet des hypothèses quant à l’identité de la « dame ». Dans chacune de ses descriptions, George Sand ne manque de mentionner leur supposé premier propriétaire, voire commanditaire, Zizim, le prince ottoman captif à Bourganeuf. Mais contrairement aux évocations de George Sand, et bien que redécouverte sur le territoire, cette série n’a pas été réalisée à Aubusson.

Pied de nez à l’Histoire

Dans le cadre de l’appel à création 2010 de la Cité internationale de la tapisserie et en s’inspirant du mythe de la licorne tel qu’il est représenté sur les tapisseries de la Dame à la licorne, Nicolas Buffe repense la figure de ce symbole avec son œuvre Peau de Licorne.

De ce sentiment d’orgueil mêlé de jalousie ; car le rayonnement de la Dame à la licorne surpasse toutes les créations d’Aubusson ; j’ai proposé de « tuer la bête » et d’en faire une peau en tapisserie d’Aubusson. Outre ce pied de nez à l’Histoire, j’ai souhaité aussi proposer un symbole fort pour le renouveau d’une technique ancestrale.

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