Meurtres en Limousin volume 4 : Lune de miel à la morgue La cloche de l’église...

Franck Linol, Lune de miel à la morgue, Geste éditions, 2013, p. 125 - 127.

© La Geste

La cloche de l’église du village de Thouron sonna un coup.
10 h 30.

Au carrefour des routes de Tricherie et de Nantiat, le petit square entouré par un muret de granit surmonté d’une grille en fer forgé avait été nettoyé quelques jours auparavant par les employés municipaux. Au milieu de ce minuscule parc, un monument aux morts au pied duquel avaient été plantées des pensées, bien alignées, et qui courbaient la tête sous le poids des gouttes de pluie. Le gravier du sentier avait été ratissé.
Sur un socle en granit était juchée la statue d’une jeune femme en habit traditionnel limousin. Sa tête était recouverte d’une capuche. Ses mains tenaient un bouquet de ce qui semblait être des roses. À ses pieds, un casque de soldat de la Première Guerre mondiale. Le monument venait d’être rénové : le calcaire blanc de la statue, très fin, provenant de la carrière à ciel ouvert du Bois de Lens près de Nîmes, avait retrouvé toute sa luminescence. La silhouette voûtée d’un vieil homme abrité sous un parapluie vert passa près du square. Il s’arrêta, tourna la tête vers la bergère blanche, puis, à petits pas saccadés, s’éloigna dans le crachin. Pas un souffle de vent, uniquement cette pluie lancinante et des brassées de feuilles jaune d’or qui tombaient sans tournoyer. Derrière le monument, les hautes grilles du château de Thouron étaient barricadées à l’aide d’un puissant cadenas rouillé. Toutes les ouvertures de la façade, dans le pur style Louis XVI, étaient closes. Le château semblait abandonné. Pourtant, son propriétaire, le célèbre pianiste Jörg Demus, y venait parfois, surtout l’été, pour donner un concert sur l’un des pianos de son incroyable collection. L’histoire de ce château était mystérieuse, ténébreuse même, certains disaient romantique.

Franck Linol, Lune de miel à la morgue (La cloche de l’église...)
© La Geste

L’œuvre et le territoire

Thouron, petite bourgade à une vingtaine de kilomètres de Limoges, se prépare pour la cérémonie du 11 novembre. Les monuments aux morts sont au cœur de ce roman. Le meurtrier soigne ses scènes de crimes, toujours à proximité d’un monument aux morts, et plonge Dumontel dans l’incompréhension et le brouillard.

À propos de Lune de miel à la morgue

Le quatrième volume de la série « Meurtres en Limousin » commence par une étrange découverte à Cieux, petite bourgade du nord de la Haute-Vienne : une jeune femme morte, habillée d’une robe de mariée, dont le corps gît au pied du monument aux morts.

Dumontel affaibli, en proie à des doutes et à des démons qui le poursuivent depuis la mort de sa collègue Rachida, [...] va devoir comprendre les raisons de cette mise en scène sordide et tenter de démêler les fils de ce jeu de marionnettes étrangement lié aux monuments aux morts et à la Grande Guerre.

(Geste éditions)

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