Le Baiser du Pénitent La cité aubussonnaise...

Véronique Bréger, Le Baiser du Pénitent, Les Ardents Éditeurs, 2015, p. 223.

© Les Ardents éditeurs

La cité aubussonnaise me fit l’effet d’un village de montagne niché dans son écrin de blancheur. La rivière gelée par endroits et les volutes de fumées qui s’échappaient des conduits de cheminées des hautes bâtisses ajoutaient un air de bourgade moyenâgeuse tout droit sortie d’un autre temps. Le tapis de poudreuse crissait sous mes pas, seul bruit dans le silence matinal. Il avait neigé tout le long du trajet en TER. J’avais filé à la gare sans me soucier des intempéries. Michèle Jandeau m’avait suggéré de me rendre à Aubusson. Elle était morte, j’allai à Aubusson. J’avais pris contact avec le syndicat d’initiative, fermé. J’avais appelé la mairie, on m’avait donné les coordonnées de la propriétaire du musée des cartons peints qui avait accepté de m’ouvrir les portes de son écrin. Les rares passants engoncés dans leurs vêtements d’hiver ne prêtaient pas attention à la couleur de mon bonnet. Vert pomme, je n’avais pas trouvé mieux pour passer inaperçue. Une heure à tuer, drôle d’expression dont je décidai de modifier le verbe, une heure pour m’imprégner et remonter le temps. Le froid aiguise la pensée. Je décidai d’effectuer un retour en arrière, comme si la possibilité d’une balade dans une époque révolue m’était offerte. Je tenais un fil, il me suffisait de me laisser guider. Michèle Jandeau m’avait dit qu’une visite au musée du carton peint m’apporterait une autre perception et pourquoi pas de véritables éclaircissements. L’un des nœuds de cette histoire se situait entre les murs de cette cité. Ses ruelles sinueuses à flanc de colline, ses maisons tarabiscotées à colombages permettaient de concevoir sans peine à quoi cet endroit ressemblait à l’époque de Carembole. J’imaginai les charrettes à bœufs, les nombreuses échoppes, les marchés bruyants, la foule, les odeurs, les voyageurs de plus en plus nombreux qui se pressaient en quête de l’achat d’une des œuvres que l’on créait sur les bords de la Creuse.

Véronique Bréger, Le Baiser du Pénitent (La cité aubussonnaise...)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

L’enquête d’Évi Marc la pousse à suivre les pas de la lissière Carembole qui aurait dissimulé un message à travers ses tapisseries. La détective se rend à Aubusson, plus précisément au musée du carton peint, dans l’espoir d’y trouver les réponses à ses questions.

À propos de Le Baiser du Pénitent

Albert Lubeck décède dans d’atroces conditions devant l’église Saint-Michel-des-Lions, au cœur de Limoges. Évi Marc, jeune détective privée parisienne, est alors convoquée à Limoges par un commanditaire énigmatique pour élucider le mystère. Elle se retrouve mêlée à un conflit entre les impitoyables Pénitents Aurores, prêts à tout pour récupérer une relique qui pourrait remettre en cause les fondements de la religion chrétienne, et l’Église catholique. À mesure que son enquête avance, les cadavres s’amoncellent, victimes d’un fléau tout droit sorti des manuels d’histoire du Moyen Âge. Et si toutes les réponses se trouvaient dans des tapisseries du XVIIe siècle qui attirent toutes les convoitises ?
Aubusson. Rome. Limoges. Des bords de la rivière Creuse aux palais secrets du Vatican, du couvent des Filles de Notre-Dame aux souterrains de l’abbaye de la Règle, une course contre la montre avec la mort s’engage.

Après La Nuit des Orpailleurs et La Vengeance de Mademoiselle Jin, Véronique Bréger complète la trilogie des aventures de la détective Évi Marc avec ce dernier roman. Alliant différentes temporalités et différents genres, tant historique, policier que fantastique, ses romans vous happent dans un tourbillonnant suspens qui tient en haleine jusqu’aux toutes dernières pages.

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