2 œuvres

L’œuvre et le territoire

On disait : l’ourle... À personne parmi nous l’idée ne serait venue de dire « l’eurée du bois », « l’orle de la forest ». L’ourle, c’était autre chose. La sauvagerie, l’écart, la vieille méfiance des bêtes et des hommes. C’est pour l’ourle que je suis revenu. Pour cette ultime lisière lorsque monte le soir avec ses sortilèges et sa sombre magie. Le temps, un fil à l’endroit, un fil à l’envers, y tisse sa toile. Et la mémoire s’embrouille à vouloir retenir, dans ses rets, les ombres incertaines. C’est pour l’ourle que je suis revenu. Pour le silence. Et pour l’oubli.

(Alain Galan)

L’ourle, c’est plus que la lisière d’un champ, c’est un écart entre les bêtes et les hommes, entre le sauvage et « le perfectionné », c’est leur contact aussi, le passage entre les sortilèges du soir et l’effacement du jour, la forêt ancestrale en nous et hors de nous, la duplicité de la perception, de l’imaginaire et de la mémoire. C’est à cette polyphonie de sens, de situations et d’images que nous invite le récit limpide et dense d’Alain Galan.

(Gallimard)

Alain Galan connaît tous les secrets de cette terre de Corrèze : sa faune, sa flore, ses légendes, son histoire sans oublier son actualité du fait de son activité de journaliste.
Le visage déformé par un cancer, Alain Galan fait le choix de retourner vivre dans la maison de son enfance au cœur des landes limousines pour fuir le regard des citadins. À quelques pas des bois, il se laisse alors happé par le dehors et commence cette déambulation poétique et calme qui donnera naissance à son ouvrage L’Ourle où des jeux de correspondances montent de la forêt faisant référence à sa propre vie et dégradation physique.