La Nuit des Orpailleurs L’escalator...

Véronique Bréger, La Nuit des Orpailleurs, Les Ardents Éditeurs, 2009, p. 52-53.

© Les Ardents éditeurs

L’escalator nous hissa jusqu’à un hall immense où se côtoyaient les passagers en partance, ceux arrivés à bon port, famille, amis venus accompagner ou chercher. Je m’attendais à trouver Félix planqué derrière un pilier prêt à me sauter dessus au passage. Il pouvait être au milieu de la foule, un énorme bouquet de fleurs à la main ou à l’extérieur en train de fumer une cigarette et de discuter avec un inconnu. Avec Félix tout était possible, même acheter une masure au fin fond d’un département dont je ne connaissais pas l’existence huit jours auparavant. J’avisai la sortie, traversai une salle où quatre statues monumentales supportaient un dôme à la superficie impressionnante. Les représentations féminines, dotées chacune d’un nom différent, prêtaient leurs formes généreuses aux régions avoisinantes. Ainsi, la Touraine, la Gascogne, le Limousin et la Bretagne se paraient-elles de rondeurs évocatrices et inattendues dans un temple de la SNCF. Je n’avais jamais vu une gare aux allures de seuil de musée. Une fois parvenue sur l’esplanade extérieure, je dus me rendre à l’évidence, Félix restait invisible. Je m’étonnai de ce manquement à la ponctualité légendaire de mon ami. L’écran du mobile affichait l’absence de réseau. Je secouai l’appareil. Depuis plusieurs semaines et quelques chutes il devenait capricieux.
— Il ne manquait plus que ça ! grommelai-je tout bas.
J’éteignis le portable et le rallumai. Aussitôt les barrettes de retour à la civilisation firent leur apparition, accompagnées du signal sonore de la présence d’un message. Félix s’excusait.
— Désolé ma chérie. Je ne peux pas venir te chercher à Limoges. J’ai eu un problème de fuite d’eau et j’attends le plombier.

J’imaginai la réaction de Félix face à un événement du quotidien aussi stupide qu’une fuite. Il n’avait jamais vu un joint d’étanchéité de sa vie et ne devait pas en soupçonner l’existence. Suivait une série d’explications sur les routes à prendre, nationales, départementales, voies communales, pour se rendre chez lui.

Véronique Bréger, La Nuit des Orpailleurs (L’escalator...)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

L’héroïne du roman de Véronique Bréger, Évi Marc, arrive en gare de Limoges-Bénédictins où elle attend son ami Félix. Elle ne manque pas de remarquer les éléments d’architectures impressionnants du monument dont les statues en stuc au quatre coins du dôme représentant quatre régions : la Touraine, la Gascogne, le Limousin et la Bretagne.

À propos de La Nuit des Orpailleurs

La Nuit des Orpailleurs est le premier roman d’une trilogie de Véronique Bréger traitant de sa région natale. Il se déroule en partie à Limoges et dans le sud de la Haute-Vienne.

Un secret enfoui dans la mémoire des hommes. Une série de meurtres inexpliqués. Une course poursuite dans les mines d’or du Limousin à la recherche d’un trésor inestimable.

Lorsqu’Évi Marc, agent de recherches privées au caractère bien trempé, se rend dans le Limousin suite à l’invitation de son ami Félix, elle ne se doute pas de ce qui l’attend.

Le jeune homme a élu domicile dans une demeure aux allures de musée. Bâtie aux abords d’une ancienne mine d’or, elle semble être le théâtre d’une multitude d’événements. Lorsque les sous-sols environnants se mettent à attirer brusquement les convoitises, l’instinct d’Évi l’informe d’une menace.

Que s’est-il passé dans ses murs en 1929 ? Quels sont les liens avec le présent ? Qui se cache derrière le gardien de la forêt ? Pourquoi d’anciens légionnaires se transforment-ils en spéléologues ?

Héroïne malgré elle, Évi va devoir affronter des forces insoupçonnées qui l’entraîneront aux frontières de l’imaginable.

(Les Ardents Éditeurs)

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