La Nuit des Orpailleurs L’autoroute...

Véronique Bréger, La Nuit des Orpailleurs, Les Ardents Éditeurs, 2009, p. 62-63.

© Les Ardents éditeurs

L’autoroute traversait des paysages aux formes arrondies. Du vert, du vert et encore du vert. J’ouvris la fenêtre. Une odeur de nature, herbe et fleurs, s’insinua dans l’habitacle. Je me mis à sourire. Sacré Félix. Je suis heureuse de venir te retrouver au fin fond d’ailleurs. Je bifurquai à la sortie numéro 40 en direction de Pierre-Buffière. A partir d’ici, c’est l’aventure. Je me débrouillai correctement sur les deux premiers kilomètres, puis, comme prévu, je loupai la route. Je m’égarai dans une voie sans issue, puis dans une allée menant à une ferme. Demi-tour en règle. Le trajet initial faillit se transformer en périple homérique mais miracle : je me trouvai devant le panneau Coussac-Bonneval, première étape de mon expédition. Son château du XIVe siècle, son église du XVe, sa lanterne des morts. Tout un programme. A l’entrée du village, la route suivait une allée plus ancienne, bordée de gros châtaigniers. Je découvris les tours du château en même temps qu’une place gardée par le soldat du monument aux morts pour la France. Je garai l’auto en face du militaire de pierre et m’arrachai du siège. Ma montre affichait 13h45.Pressée de me lancer sur les traces de Félix j’avais oublié de déjeuner et mon estomac me rappelait à l’ordre. Espérons que tout ne soit pas du XIVe ou du XVe siècle par ici. Il doit y avoir un bistrot, ou une boulangerie dans les parages. Je m’engageai dans la rue principale. Les enseignes me rassurèrent illico. Un bar-restaurant. Un bar. Une supérette. Une boulangerie pâtisserie. Un caviste. Un second restaurant. Une boucherie-charcuterie. Un fleuriste et même un salon de coiffure. Je devinai, plus avant, un marchand de journaux et son enseigne de la Française des Jeux. Alors, rassurée la Parisienne ? minauda ma voix intérieure. J’entrai dans le premier bar-restaurant. Toutes les conversations stoppèrent. Les regards se mirent à converger dans ma direction.

Véronique Bréger, La Nuit des Orpailleurs (L’autoroute...)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

En route pour rejoindre son ami Félix, qui a élu domicile dans une demeure au fin fond de la Haute-Vienne, Évi se perd dans la verdure et les routes de campagne du Limousin jusqu’à arriver dans le bourg de sa première étape : Coussac-Bonneval.

À propos de La Nuit des Orpailleurs

La Nuit des Orpailleurs est le premier roman d’une trilogie de Véronique Bréger traitant de sa région natale. Il se déroule en partie à Limoges et dans le sud de la Haute-Vienne.

Un secret enfoui dans la mémoire des hommes. Une série de meurtres inexpliqués. Une course poursuite dans les mines d’or du Limousin à la recherche d’un trésor inestimable.

Lorsqu’Évi Marc, agent de recherches privées au caractère bien trempé, se rend dans le Limousin suite à l’invitation de son ami Félix, elle ne se doute pas de ce qui l’attend.

Le jeune homme a élu domicile dans une demeure aux allures de musée. Bâtie aux abords d’une ancienne mine d’or, elle semble être le théâtre d’une multitude d’événements. Lorsque les sous-sols environnants se mettent à attirer brusquement les convoitises, l’instinct d’Évi l’informe d’une menace.

Que s’est-il passé dans ses murs en 1929 ? Quels sont les liens avec le présent ? Qui se cache derrière le gardien de la forêt ? Pourquoi d’anciens légionnaires se transforment-ils en spéléologues ?

Héroïne malgré elle, Évi va devoir affronter des forces insoupçonnées qui l’entraîneront aux frontières de l’imaginable.

(Les Ardents Éditeurs)

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