MP3 - 1.2 Mo
Nicole Recton, L’Arabie
Enregistrement : Jeannette Dussartre-Chartreux ou Nicole Recton (?), années 1980.

L’œuvre et le territoire

Cet enregistrement, peut-être réalisé par Jeannette Dussartre-Chartreux, a été confié à Françoise Étay parmi de nombreux airs aujourd’hui disponibles sur le portail « La Biaça » de l’Institut d’études occitanes du Limousin. On y entend ici Nicole Recton.

« L’Arabie », c’est le surnom donné aux abords populaires des bords de Vienne, le quartier « des Ponts », pour des raisons qui restent encore mystérieuses aujourd’hui. Cette chanson évoque les fameuses fêtes des Ponts, qui au début du XXe siècle rassemblaient toute la société ponticaude autour de jeux nautiques — notamment ceux des Enfants de la Vienne, l’école de natation du quartier —, bals et autres défilés.

Tout Limoges assiste l’après-midi au défilé des bateaux fleuris où l’imagination et le bon goût des ponticauds se sont donnés libre cours : ce ne sont que gondoles, voiliers, et même un sabot, admirablement décorés. Ces mêmes bateaux, nous les reverrons la nuit venue, brillants des mille feux de multicolores lanternes vénitiennes, ravivés par les fusées colorées d’un feu d’artifice, cependant que le vieux pont illuminé lui aussi par des centaines de ces petites lanternes tremblotantes, se reflétant dans l’eau, lui donne un aspect féérique et irréel.

Jules Tintou, « Les Quartiers des Ponticauds à Limoges », Lemouzi, n° 79 bis, 1981, p. 34-35.

Les Fêtes des Ponts ont attiré et émerveillé tous les habitants de Limoges, ou presque, de 1906 aux années 1950. Celles du début du siècle, avec leurs défilés de charrettes fleuries, de bateaux transportant d’insolites décors, leurs joutes, leurs concours de natation et leurs illuminations ont peut-être été les plus somptueuses.

Texte de la pochette du 33 tours Rue de la Mauvendière. Musique et chansons à Limoges à la « Belle Époque », 1986.

Dimanche, le restaurant Les Planchettes, à Couzeix, accueillait 125 Ponticauds et Ponticaudes, toutes générations confondues. Une véritable fête de famille où l’on n’attendit pas le dessert pour entonner les chansons de quartier telle « L’Arabie ». Certains convives ne s’étaient pas revus depuis trente ans ou quarante ans, du temps où ils habitaient la rue du pont Saint-Étienne, le Masgoulet, le Clos Sainte-Marie ou l’auberge de La Crotte de Poule ! Les sujets de conversation ne manquèrent pas.

Jeannette Dussartre-Chartreux, Destins croisés. Vivre et militer à Limoges, Karthala, 2004, p. 458.

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