Jean Ségurel

Jean Ségurel avec son accordéon, posant en compagnie d’un autre homme
Jean Ségurel avec son accordéon, posant en compagnie d’un autre homme
Non datée (probablement entre-deux-guerres).
Collection : Fonds Henri-Crouzette (7FI), Archives départementales de la Corrèze.
© Archives départementales de la Corrèze

À propos

Jean Ségurel est une figure emblématique et très populaire de l’accordéon musette de l’entre-deux-guerres à 1978, année de sa mort.

Né dans une famille paysanne des Monédières, il apprend le violon auprès de son père François, aubergiste à Chaumeil, qu’il accompagne dans les bals et foires de la région. Dans sa jeunesse sans doute est-il amené à rencontrer d’autres violoneux corréziens qui lui enseignent leurs airs, comme Jean Chastagnol, frère de Julien Chastagnol lui-même originaire du village, ou Eugène Tarrade, de Chamberet.

Au retour de son service militaire, Ségurel décide néanmoins de faire de l’accordéon son instrument de prédilection. Cette révélation coïncide avec le développement de la manufacture d’accordéons tulliste Maugein, fondée en 1919, qui voit en Ségurel un ambassadeur en puissance. Repéré par Limousins et Auvergnats de Paris, présenté à Martin Cayla, lui-même « bougnat » exilé dans la capitale et fameux éditeur de la musique du pays, il abandonne son poste de facteur, et rencontre le succès dès les années 1930, à travers des réarrangements d’airs traditionnels mais aussi un très grand nombre de compositions originales aujourd’hui perçues comme folkloriques, dont la plus fameuse demeure sans doute Bruyères corréziennes. Durant sa carrière, il dépose 830 titres auprès de la Sacem.

Dans le monde de l’accordéon, Jean Ségurel a tenu une place à part. Il n’a jamais été un virtuose et le clamait lui-même bien haut. Mais lorsqu’il voulait « sentimentaliser » une valse ou un tango, il savait donner de l’expression au soufflet de son Maugein qui était le seul à posséder un timbre si particulier qu’il s’en était réservé jalousement l’exclusivité.

Philippe Krümm, « Jean Ségurel l’homme qui faisait chanter les bruyères... », 19 janvier 2010.

Après avoir animé quelques bals clandestins à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Ségurel monte un nouvel orchestre avec son camarade Robert Monédière et écume les salles parisiennes. Il enregistre dès lors de nombreux disques chez Odéon. En 1968, il est la mascotte de la tournée Avèze (du nom de l’apéritif auvergnat qui subventionne).

Érigé en symbole d’une France provinciale, agreste, bucolique, Jean Ségurel voit aussi son image très fidèlement associée au département de la Corrèze, qu’il ne délaisse pas. Il est le créateur de la course cycliste du Bol d’or des Monédières, qui se court dans le massif des Monédières durant trente-trois éditions entre 1952 et 2002.

Œuvres liées

Documents associés

  • Roland Manoury, scopitone de Bruyères corréziennes, 1966
    par Institut national de l’audiovisuel
    https://www.youtube.com/watch?v=B6f14zvnrJY
    Clip de 1966, disponible sur le site de l’INA, mis à disposition par France 3 Limousin. Diffusé dans l’émission La chance aux chansons dans les années 1990.
    © Droits réservés