Jacques Tardi

À propos

Né à Valence en 1946, Jacques Tardi suit l’enseignement des Beaux-Arts de Lyon avant de « monter » à Paris, direction les Arts décoratifs. Sa carrière d’auteur de BD démarre dans les pages du journal Pilote de René Goscinny, au début des années 70.

Il s’y voit confié en 1971 le scénario signé Pierre Christin de Rumeurs sur le Rouergue (premier volume des "Légendes d’aujourd’hui" par la suite dessinée par Enki Bilal) mais préférera par la suite développer des projets plus personnels.
Après diverses histoires brèves, il publie, en 1974, Le Démon des glaces, dessiné à la manière des gravures du XIXe siècle, puis La Véritable Histoire du Soldat inconnu.
En 1976, il donne naissance à Adèle Blanc-Sec, un personnage de femme original, à une époque où la plupart des héroïnes de bande dessinée restent cantonnées dans les clichés.
Tardi, c’est aussi un goût certain pour le polar, avec ses nombreuses adaptations de romans de Léo Malet — la série des Nestor Burma —, Pierre Siniac ou Jean-Patrick Manchette. Plus globalement, ce goût pour la littérature l’amène non seulement à illustrer plusieurs œuvres de Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit, Mort à crédit, Casse-pipe), mais aussi à adapter l’œuvre de Jean Vautrin, Le Cri du Peuple, sur la Commune de Paris.

Littérature, histoire et engagement... Jacques Tardi a également construit une partie de son œuvre sur l’horreur de la Première Guerre mondiale, notamment avec C’était la guerre des tranchées (1993) et Putain de guerre (2008-2009). Plus récemment, il s’est lancé dans l’adaptation des souvenirs de captivité de son père suite à la déroute de 1940, à partir des carnets que ce dernier lui a laissés (Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB).

Au début de l’année 2013, Jacques Tardi refusait la Légion d’honneur :

Étant farouchement attaché à ma liberté de pensée et de création, je ne veux rien recevoir, ni du pouvoir actuel, ni d’aucun autre pouvoir politique quel qu’il soit. C’est donc avec la plus grande fermeté que je refuse cette médaille.

Je n’ai cessé de brocarder les institutions. Le jour où l’on reconnaîtra les prisonniers de guerre, les fusillés pour l’exemple, ce sera peut-être autre chose.

Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n’ai jamais rien demandé. On n’est pas forcément content d’être reconnu par des gens qu’on n’estime pas.

Œuvres liées

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