À propos

Jacques Chardonne est né Jacques Boutelleau le 2 janvier 1884 à Barbezieux (Charente), d’un père charentais négociant en cognac et d’une mère américaine héritière des porcelaines Haviland.
Obtenant son baccalauréat en 1902 après deux années passées en Allemagne puis en Angleterre, Jacques Chardonne poursuit des études de droit. En 1907, il commence son service militaire mais, atteint de la tuberculose, est bientôt réformé, passe quelques temps à Grasse avant de partir pour la Suisse où il réside à Chardonne-sur-Vevey.

Menant une vie d’homme de lettres, à la fois écrivain et éditeur, Jacques Chardonne est notamment connu pour sa trilogie des Destinées sentimentales adaptée à l’écran par Olivier Assayas en 2000 ; il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, échouant de peu au prix Goncourt en 1921 pour l’Épithalame mais obtenant le Grand prix du roman de l’Académie française pour Claire (1931) en 1932.
Écrivain collaborationniste, politiquement très à droite, Jacques Chardonne est, avec son ami écrivain Paul Morand, l’un des pères spirituels de ceux que l’on a appelés les Hussards, les Michel Déon, Jacques Laurent, Antoine Blondin et Roger Nimier... Jacques Chardonne rencontre ce dernier en 1950 et les deux hommes entretiennent une importante correspondance. Il lui dédie le Ciel dans la fenêtre et est profondément marqué par la mort de son jeune ami en 1962 — cette même année, il perd son fils.

Ils avaient découvert en Chardonne l’artisan solitaire, l’élagueur d’adjectifs, l’échenilleur de vérités premières. Le plus excentrique des classiques, pour qui l’art n’est pas d’aligner des mots, mais d’en enlever.
Le style ne vient jamais de l’intelligence ; il sort du caractère ; quel relief avait le sien !

(Paul Morand, préface à Ce que je voulais vous dire aujourd’hui)

L’écriture de Chardonne, que Jean Rostand tien[t] pour le plus grand prosateur de notre temps (préface à le Ciel dans la fenêtre), se révèle également à travers une riche correspondance où il revient, entre autres, sur sa propre écriture :

Pas de mots qui sont de la bourre, « par conséquent »..., etc., fausses liaisons, etc.
Jamais de métaphores ; pas la moindre.
Pas de mots superflus. Ils n’ajoutent rien ; ils affaiblissent. Si vous dites : « Je vous déteste fortement » c’est plus faible que « Je vous déteste ». Le moins de mots possible.
Pas de mots outrés.

Il meurt le 29 mai 1968 à La Frette-sur-Seine où il vivait depuis 1925.

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