Radeau d’automne IV

Installation monumentale d’un radeau en bois en forme de demi-feuille d’érable ; 3,90 × 6,80 m.
Maître d’ouvrage : communes d’Éguzon-Chantôme et de Crozant.
Maître d’œuvre : Guillaume Peluchonneau et Ludovic Mazou.

© Nils-Udo
Nils Udo, Radeau d’automne (IV)
© Nils-Udo

À propos de Radeau d’automne

Commande d’envergure, Radeau d’automne fut inaugurée au mois de novembre 2012. Cette commande répond à une volonté des collectivités territoriales d’initier des projets artistiques et culturels sur un territoire rural isolé en s’appuyant sur les qualités environnementales de ces sites. Le projet s’inscrit dans une démarche plus vaste de développement territorial, celui de la valorisation de la « Vallée de la Creuse, entre Berry et Limousin ». Couramment surnommée la Vallée des peintres, cette zone naturelle a servi de source d’inspiration et de modèle à des artistes célèbres comme Claude Monet, Armand Guillaumin, Francis Picabia, George Sand... Depuis les années 1930, avec la fin du paysagisme, l’effervescence artistique a perdu de son intensité dans la région. Les paysages des flancs de vallée se sont profondément modifiés : une végétation sauvage a colonisé les côtes rocheuses. L’enjeu consiste à renouer des liens entre la création contemporaine et les paysages actuels. C’est dans ce contexte particulier que le travail de Nils-Udo prend tout son sens : la nature ne sert plus de modèle à l’artiste, elle devient son support.

Les constructions monumentales de Nils-Udo ne marquent plus l’espace, elles le soulignent, le rehaussent. Ici le radeau intègre la nature et, tout en s’affirmant comme « artifice », il devient le symbole d’une liberté éphémère. Il permet de renforcer le lien au territoire par l’assemblage traditionnel et l’utilisation d’une essence de bois local (troncs ronds au bois clair de châtaignier et structure de flottaison en tronc de pin Douglas). Une fois sa construction terminée, il fut mis à l’eau à la presqu’île de Crozant, où il débuta son voyage initiatique, capturant la lumière, la renvoyant sur les contreforts de la forteresse médiévale.

Bien qu’amenée à disparaître par le processus naturel de sa désagrégation, la sculpture dépasse sa condition d’objet d’art ; fragile, mouvante, à l’unisson avec la nature : elle est vivante. Le radeau est l’une des formes récurrentes dans le travail de l’artiste, avec celle plus connu du Nid qui apparaît dès les années 1970. Cette installation fugace célèbre un cycle de vie, son esthétisme intègre l’atmosphère, le climat et les formes vivantes. La proximité avec la nature se fait alors par une immersion dans la corporalité de l’environnement (Vittorio Fagone).

Une séquence de photographies accompagne le projet. La photographie est une constante dans le travail de Nils-Udo. Tandis que le radeau se déplace sur la rivière, Nils-Udo saisit à travers son objectif la variété des lumières et des éclairages, la multiplicité des points de vue, offrant à chaque prise un nouveau regard sur le site. Les photographies ont fait l’objet d’une exposition au musée de la Vallée de la Creuse, à Éguzon, en 2013.

Localisation

Également dans Radeau d’automne