Rachid Koraïchi, Hommage aux trois poètes
Photo : Jean-Michel Péricat
© DRAC Nouvelle-Aquitaine

L’œuvre et le territoire

La tapisserie monumentale de Rachid Koraïchi, installée à l’entrée de la Bfm de Limoges, dans le cadre du 1 % artistique, accueille les visiteurs. La composition de la tapisserie, qui s’apparente à un plan centré autour d’un cercle, répond à l’organisation spatiale de la médiathèque et de ses salles de lectures : les proportions harmonieuses de l’œuvre sont en corrélation avec celles de l’architecture remarquable de Pierre Riboulet.

Hommage à ses amis écrivains et poètes (René Char, Mohamed Dib, Michel Butor), elle se déploie telle une page enluminée, gravée en or dans la matière de la laine, ces dessins sont une encyclopédie de Signes et de Symboles, en rappel de la Table élamite, de la Table de Darius, de l’Ancien Testament, du Bhāgavata Purāṇa, des écritures sumériennes, pharaoniques, babyloniennes…. Pour autant, la religion, bien que présente dans sa vie, n’est pas l’unique axe de son travail.

L’écriture, le signe, le dessin sont une prise de conscience de son propre geste, comme une marque de soi, une empreinte que l’artiste se doit de transmettre à la postérité. Ainsi il laisse trace — aussi bien des civilisations antérieures que présentes — et il établit un véritable travail de mémoire.

Voici une liste non exhaustive et concise des symboles et de ses sources d’inspirations :

  • le carré et le cercle, deux symboles fondamentaux : le premier évoque l’instant prélevé, la stabilisation dans la perfection, et le second le mouvement circulaire parfait, immuable. Le cercle dans le carré est l’image dynamique d’une dialectique entre le céleste transcendant auquel l’homme aspire naturellement, et le terrestre où il se situe actuellement ;
  • l’étoile à cinq branches est le symbole du microcosme humain ;
  • le chiffre 7 : au-delà des multiples interprétations qui lui sont affiliées, le chiffre 7 est présent de façon obsessionnelle dans la vie et l’œuvre de l’artiste ;
  • l’utilisation du bleu et or. Le bleu est une couleur à la fois proche et inaccessible, elle est liée à l’histoire intime de Rachid Koraïchi : c’est la première couleur qu’ont rencontrée mes yeux […], c’est la peau charnelle du monde, le ciel qui enveloppe la terre.
    L’or est le symbole de la Connaissance ; C’est l’or mythique de toutes les civilisations, l’or mystique des pages illuminées.

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