Oradour-sur-Glane 56

12 juin 1949

© RMN – Gestion droit d’auteur Willy Ronis
Willy Ronis, « Oradour-sur-Glane — 56 »
© Ministère de la Culture – Médiathèque du Patrimoine, dist. RMN – Grand Palais / Willy Ronis.

L’œuvre et le territoire

Willy Ronis nous montre Louis Aragon brandissant le Livre d’or ouvert à la page du dessin donné par Picasso et intitulé L’Enfant d’Oradour.

À propos de Oradour-sur-Glane

Le cinquième anniversaire du massacre d’Oradour-sur-Glane n’est pas célébré dans l’unité puisque deux commémorations bien distinctes ont lieu. Deux jours après la cérémonie officielle du 10 juin 1949, le Parti communiste organise une grande manifestation sous l’égide de la mairie. Celle-ci refuse en effet la Légion d’honneur attribuée par l’État afin de montrer son mécontentement face à la lenteur de la justice pour arrêter et juger les criminels nazis, décision à laquelle refuse de prendre part l’association des familles martyres. Cette décision entraîne de vives polémiques dans un climat de guerre froide.

Le 12 juin 1949, Willy Ronis accompagne Louis Aragon, Elsa Triolet, Frédéric Joliot-Curie pour le Mouvement pour la paix à Oradour-sur-Glane. Il est en reportage pour Les Lettres françaises, publication née de la Résistance qui publie, sur une pleine page, huit de ses clichés, encadrant le poème d’Aragon Chanson pour la caravane d’Oradour ainsi qu’une reproduction du dessin donné par Picasso au Livre d’or et alors intitulé L’Enfant d’Oradour.
La légende de la photo de tête ironise :

Dimanche 30000 pèlerins ont célébrés l’anniversaire du crime d’Oradour. L’avant-veille M. Ramadier, ministre de la guerre avait été reçu à Oradour par 200 CRS et officiels. Les habitants étaient restés chez eux.

De nombreux autres clichés pris par Willy Ronis ce jour-là, en particulier ceux des habitants d’Oradour dans les baraquements, ne furent jamais publiés.

[Willy Ronis] est de ceux pour qui l’art, au terme de ses complexités internes, doit, pour les autres, apparaître simple, droit, lisible. La beauté n’a pas à exhiber son squelette formel, comme on se doit de ne pas avancer ses sentiments intimes […] Il revendique l’éthique du meilleur photo-journalisme : lisibilité et respect des autres.

Bertrand Eveno

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