Gaston Chaissac : puzzle pour un homme seul

Dominique Allan Michaud, Gaston Chaissac : puzzle pour un homme seul, Gallimard, 1992.

Une œuvre

L’œuvre et le territoire

L’auteur, dans cet essai, fait une reconstruction du monde et de l’itinéraire de l’artiste Gaston Chaissac par un jeu de puzzle qui mêle l’homme, les œuvres picturales et écrites et témoignages.

Qui était Gaston Chaissac (1910-1964) ? Cet autodidacte, ce non-conformiste de la peinture et de l’écriture a mené la vie difficile d’un cordonnier sans travail qui, d’un village rural de Vendée à un autre, a refusé de se satisfaire de sa condition. Homme du commun, il est devenu un personnage hors du commun. Il était connu comme peintre et comme écrivain à la fin des années 1940, grâce à Raymond Queneau, Jean Paulhan et Jean Dubuffet.
Sa peinture, de plus en plus recherchée par les amateurs, échappe dans la seconde moitié des années 1970 à l’ombre de Dubuffet et à l’étiquette de l’art brut pour se voir reconnaître une place particulière dans l’histoire de la peinture contemporaine. L’œuvre littéraire, plus confidentielle, est éclatée en une multitude de lettres adressées à une infinité de correspondants, lettres dont un petit nombre seulement a pu être édité.

Gaston Chaissac est souvent classé dans la famille de l’art brut que Dubuffet définissait comme étant le fait des personnes indemnes de culture artistique mais ses préférences vont d’emblée à la peinture rustique moderne :

Peintre de village, je lui reste fidèle, trop sûr de faire fausse route si je cherchais à peindre à la façon des artistes peintres des capitales et sous-préfectures.

(Gaston Chaissac, Peinture rustique moderne, « Lettre à J.P. », Limoges, 1946, p. 54-56).