Garage Dussagne

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Garage Dussagne
Photo : Colette Aymard
© DRAC Nouvelle-Aquitaine

L’œuvre et le territoire

L’emplacement de l’actuel garage servait déjà, avant la construction de celui-ci en 1935, de garage. Celui-ci, déjà dénommé Central Garage, a connu, en liaison avec l’expansion de l’industrie automobile, un essor important.
Le Central Garage appartient, dans les années 1930, à la société anonyme H. Dussagne et Compagnie. S’il a servi de manière provisoire et sporadique en tant qu’atelier de réparation, il est destiné à l’origine à être un garage-parking. L’atelier de réparation se trouvait en face, à l’emplacement de l’actuel office de tourisme.

L’architecture du Central Garage s’inspire très fortement du courant moderne et du style paquebot. Les références à l’esthétique machiniste sont explicites. La construction est très rationnelle ; tout ornement et couleur sont bannis. Elle joue sur l’opposition entre les parements de béton, constituant de grandes bandes blanches ceinturant l’édifice, et les parois vitrées, largement dominantes.

La perception de l’édifice utilise le recul existant grâce à la place Wilson. C’est pourquoi l’enseigne se trouve dans cet axe, en aboutissement de la perspective du boulevard Louis-Blanc. Elle attire l’œil, par son élévation, et s’impose au regard par ses lignes horizontales, se démarquant sur le ciel.

L’immeuble est constitué de lignes et blocs élémentaires dont une grande partie des angles est arrondie, pour plus d’élégance. Des petits décrochements entre les bandes de béton blancs permettent de préserver la continuité visuelle des parements de murs et des panneaux vitrés, et ce, sur tout le bâtiment, malgré les dénivellations de terrain. La succession des panneaux vitrés vers la rue des Tanneries se fait avec élargissement progressif des différents ensembles de baies rectangulaires, accentuant ainsi la présence visuelle du garage dans l’espace environnant.

L’édifice principal, situé sur la place, est fractionné en six panneaux verticaux grâce à des colonnes porteuses, de forme arrondie, existant sur toute la hauteur du bâtiment. Quatre panneaux, sur les six, sont de forme arrondie (les deux panneaux droits sont destinés à jouer le rôle de façade principale sur la place), forme architecturale innovante dans les années 1930 et source de fluidité architecturale.

Le deuxième bâtiment, sur la rue des Tanneries, est très rectiligne et allonge l’édifice vers le nord-est pour lui donner de l’ampleur.
Sur le boulevard de Fleurus, deux colonnes rectilignes montent vers le ciel, en pendant de celles de l’enseigne. Elles sont destinées à briser de manière abrupte les formes arrondies du vaisseau principal et à délimiter la fin de l’édifice sur le côté.

Le rez-de-chaussée a été reconverti majoritairement en boutiques alors que les parties plus élevées sont restées des emplacements de parking.

L’architecte

Aucun nom d’architecte n’apparaît dans les dossiers consultés. Cependant, nous savons, grâce au petit-fils d’Henri Dussagne, fondateur du garage, que, vers 1934, le garage était une concession Citroën et qu’il a été construit par le service d’architecture de la société.
À cette date, le chef du service d’architecture de la société André Citroën était Maurice-Jacques Ravazé, auteur de plusieurs garages Citroën et d’une maternité à Courrières (Pas-de-Calais) en 1932.

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