La Nuit des Orpailleurs Elle s’installa sans attendre...

Véronique Bréger, La Nuit des Orpailleurs, Les Ardents Éditeurs, 2009, p. 204-205 et 210-211.

© Les Ardents éditeurs

Elle s’installa sans attendre à la place du passager. Nous roulâmes en silence durant une vingtaine de minutes avant d’arriver aux abords d’une petite ville.
— Saint-Yrieix-la-Perche, lus-je en dépassant le panneau indicateur. Les noms sont surprenants, par ici.
Je pensais faire un trait d’esprit, le commentaire de Bérengère me renvoya dans mes vingt-deux.
— On ne prononce pas le « x ».
Voilà, c’était dit. Elle me fit garer derrière l’hôpital, face à une grande place fleurie. Devant nous une sorte de parc bordé de hautes maisons en pierres de taille et une église.
— C’est la Collégiale. Venez, commanda Bérengère en m’invitant à la suivre.
Nous traversâmes la rue et pénétrâmes par l’une des portes à côté de laquelle une pancarte indiquait : Longs séjours, sous-entendu : qui entre ici n’en ressort pas vivant. Bérengère s’engagea dans le passage en habituée et m’entraîna dans une succession de pièces. Les premières ressemblaient à une maison de retraite chamarrée et presque joyeuse. Au fur et à mesure de notre progression vers le niveau supérieur de l’immeuble, le son des télés et le brouhaha des conversations s’estompèrent. Nous nous engageâmes dans un couloir, une succession de portes ouvertes. Les produits nettoyants ne parvenaient pas à couvrir une odeur d’antichambre de la mort.
— Ici se trouvent celles et ceux qui doivent être assistés en permanence, chuchota Bérengère comme si elle se trouvait dans une église.
Elle stoppa devant une entrée et pencha la tête avant de m’inviter à m’approcher. Un homme âgé se tenait recroquevillé dans un fauteuil médical. La tête penchée vers l’avant, il semblait dormir. Ses mains osseuses crochetées aux accoudoirs tressaillaient parfois et lui donnaient l’air de battre une inaudible mesure.
— Voici le seul propriétaire de La Badie, murmura Bérengère.
— Qui est-ce ?
— Il s’appelle Fernand Bardier.

Véronique Bréger, La Nuit des orpailleurs (Elle s’installa sans attendre...)
© Les Ardents éditeurs

L’œuvre et le territoire

Bérengère, amène Évi à Saint-Yrieix-la-Perche pour rencontrer le propriétaire du domaine de La Badie, en résidence dans la maison de retraire située à proximité de l’impressionnante collégiale Saint-Yrieix.

À propos de La Nuit des Orpailleurs

La Nuit des Orpailleurs est le premier roman d’une trilogie de Véronique Bréger traitant de sa région natale. Il se déroule en partie à Limoges et dans le sud de la Haute-Vienne.

Un secret enfoui dans la mémoire des hommes. Une série de meurtres inexpliqués. Une course poursuite dans les mines d’or du Limousin à la recherche d’un trésor inestimable.

Lorsqu’Évi Marc, agent de recherches privées au caractère bien trempé, se rend dans le Limousin suite à l’invitation de son ami Félix, elle ne se doute pas de ce qui l’attend.

Le jeune homme a élu domicile dans une demeure aux allures de musée. Bâtie aux abords d’une ancienne mine d’or, elle semble être le théâtre d’une multitude d’événements. Lorsque les sous-sols environnants se mettent à attirer brusquement les convoitises, l’instinct d’Évi l’informe d’une menace.

Que s’est-il passé dans ses murs en 1929 ? Quels sont les liens avec le présent ? Qui se cache derrière le gardien de la forêt ? Pourquoi d’anciens légionnaires se transforment-ils en spéléologues ?

Héroïne malgré elle, Évi va devoir affronter des forces insoupçonnées qui l’entraîneront aux frontières de l’imaginable.

(Les Ardents Éditeurs)

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