École nationale professionnelle d’Égletons

© Droits réservés
Lycée Pierre-Caraminot
Photo
© DRAC Nouvelle-Aquitaine

L’œuvre et le territoire

A l’heure de l’industrialisation, Charles Spinasse, maire d’Égletons, est convaincu de la nécessité de créer des enseignements scientifiques et techniques en France. Désigné par la Chambre des députés comme rapporteur du budget pour l’enseignement technique, il défend l’implantation d’une école professionnelle à Égletons.

L’établissement est composé de plusieurs édifices répartis en deux séquences. La première correspond à la partie haute du site. En son centre émerge l’imposant bâtiment central, vaisseau de plus de 150 mètres de long, construit à l’articulation de deux terrasses. Les extrémités de cette première séquence sont bornées par quatre édifices en L pourvus de préaux ouvrant sur des cours par une série de six arcades.
L’entrée de l’établissement s’effectue par le nord au moyen d’une allée délimitée par deux petits pavillons cadrant sur l’axe de symétrie du bâtiment central.
La seconde séquence, située en contrebas du bâtiment central, correspond au fond du talweg au centre duquel a été aménagé un stade. Les gradins en terre engazonnée constituent un prolongement des terrasses artificielles.
A l’est, s’élève l’atelier mécanique dont la façade crée un arrière plan monumental au stade. Derrière l’atelier a été édifié le poste électrique et au nord s’élevait un atelier de menuiserie, aujourd’hui disparu. Ce dernier, dénommé « la chapelle », possédait une charpente en béton, probablement une des premières construites en Limousin.

Tous les édifices sont construits en maçonneries avec parement en pierre d’Eyrein. Deux se démarquent par leur monumentalité.
Le bâtiment central, dont la structure intérieure est en béton armé, est composé d’une suite de cinq volumes mitoyens inscrits dans un vaste rectangle couronné d’une corniche en béton et couvert d’une toiture en ardoise agrémentée de lucarnes.Le volume principal est un vaste parallélépipède rythmé par dix travées de deux fenêtres chacune, scandées de contreforts et réparties symétriquement par rapport à une travée centrale. Cette dernière est monumentalisée par une haute arcade s’élevant sur deux étages encadrée de part et d’autre de deux colonnes engagées (le fût est partiellement encastré dans le mur) couronnées d’une demi-sphère.
Une vaste inscription dédicatoire se déploie sur les trois travées centrales. Au-dessus de la dédicace prend place un vaste médaillon, portant en son centre, sur la façade nord, le symbole de la République, et sur la façade sud, les armoiries des Ventadour.
Le hall d’entrée ouvre au sud sur une vaste terrasse portée par une série d’arcades donnant sur un sous-sol semi enterré abritant un réfectoire, une cuisine, une salle de sport et une salle de spectacle. Cette dernière, réalisée en béton, possède une scène décorée de modénatures Art déco. Au-dessus de la salle de spectacle se trouve l’amphithéâtre de physique dont les dispositions d’origine et le mobilier sont conservés.
Des galeries techniques relient en souterrain les différents édifices.

L’atelier mécanique identifie clairement l’établissement comme école professionnelle. L’édifice, composé d’un vaste rectangle, est éclairé en toiture par des sheds (toiture en dents de scie). Un plafond en verre (aujourd’hui disparu) en diffusait la lumière. L’entrée s’effectue au moyen d’une grande arcade disposée en légère saillie et cantonnée de deux colonnes engagées couronnées de sphères.
Au-dessus de l’arcade prend place la dédicace de l’édifice. Là aussi, la référence à l’architecture classique est manifeste, le traitement architectural est en tout point comparable à celui du hall du bâtiment central.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’établissement sert de lieu de détention pour des familles juives (août 1942) et est occupé par un régiment de la Wehrmacht (août 1944) ; enfin l’école est partiellement détruite par les bombardements.

L’ensemble des bâtiments de l’École nationale professionnelle a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en 2010.

Localisation