Ma vie entre des lignes Du côté de chez Viguié

Antoine Blondin, « Du côté de chez Viguié » dans Ma vie entre des lignes (La Table Ronde, 1982) ; Antoine Blondin, Robert Laffont, Bouquins, 2004 [1991], p. 1070.

© La Table ronde

La rue de la Boucherie, à Limoges. Sa minuscule église, comme russe, bourrée de trésors. Et les tanières-cloaques d’où sont sorties des générations de bouchers évanescents, anémiés ou estropiés par des croisements jaloux, et que leur fragilité a contraints à se convertir aux richissimes professions libérales. Cette boue rougeâtre qui continue de teinter le caniveau semble être le placenta des plus fameux notables de la ville.

Antoine Blondin, Ma vie entre des lignes, (Du côté de chez Viguié)
© La Table ronde

L’œuvre et le territoire

Antoine Blondin reprendra ces quelques phrases de la période 1963-1970 dans l’une de ses chroniques ultérieures, datée de la fin des années 1970 ou du tout début des années 1981, « Ma propre semaine », également publiée dans le recueil Ma vie entre des lignes :

La rue de la Boucherie à Limoges, avec sa minuscule église, comme russe, bourrée de trésors. Et les tanières-cloaques, d’où sont sorties des générations de bouchers évanescents, anémiés ou estropiés par des croisements jaloux, et qui se sont convertis aux professions libérales à peine moins richissimes ; cette boue rougeâtre qui teinte le caniveau semble être le placenta des plus fameux notables de la ville. Je rumine ces pensées peu ragoûtantes en allant précisément chercher quelques victuailles pour accueillir Yvan Audouard et son épouse qui se sont détournés de l’axe Genève-Paris pour enchanter notre exil durant quelques heures.

Antoine Blondin, « Ma propre semaine » dans Ma vie entre des lignes (La Table Ronde, 1982 ; Antoine Blondin, Robert Laffont, Bouquins, 1991, p. 1166).

À propos de Ma vie entre des lignes

Publié en 1982 à La Table Ronde, Ma vie entre des lignes est un recueil d’une centaine de chroniques qu’Antoine Blondin a écrites à partir de 1943 et qu’il présente ainsi :

Des personnes de bonne volonté, dont le courage s’accommode aimablement d’un peu d’absurdité charmante, ont promené leurs mains à travers des greniers de bibliothèques et des caves de journaux pour rassembler une centaine de chroniques, élues parmi les quelque deux mille articles que je m’étais appliqué à égarer depuis quarante ans.

Ces chroniques, essentiellement liées à l’actualité culturelle et à la littérature — même si certaines s’attachent à des faits ou personnalités politiques —, sont organisées en périodes (1943-1948, 1949-1955, 1956-1962, 1963-1970, 1971-Maintenant, Maintenant), chacune d’elles étant « synthétisée » en introduction par un feuillet d’Antoine Blondin.

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