La Page de catéchisme Dimanche 4 juin 1944...

Albert Valade, La Page de catéchisme : Oradour-sur-Glane, Les Villages sans enfants, Éditions de la Veytizou, 1999, p. 31.

© Éditions de La Veytizou

Dimanche 4 juin 1944
Une petite fête foraine a lieu à Oradour. Un manège de pousse-pousse est installé sur la place du Champ de Foire. Les jeunes gens des environs sont venus nombreux, insouciants comme aux plus beaux jours d’avant la guerre. Les anciens disent que cela annonce la fin du conflit. Ils se souviennent qu’en 1918, les bals et les fêtes populaires avaient repris peu avant l’armistice.

Un jeu avec de vieilles boîtes de conserve vides est organisé par Martial, un supporter de l’équipe de football. Il faut faire tomber, à l’aide de balles en chiffon lancées à la main, les boîtes sommairement alignées en forme de pyramide sur une étagère rudimentaire. Une toile de jute est tendue à l’arrière pour arrêter les balles lancées par les concurrents, ainsi que les boîtes projetées par les tirs. On regrette l’absence d’Armand Senon, dit « Jean Blanc ». Il avait promis à Martial de faire un carton. Hélas, Jean a eu le tibia fracturé au cours de la rencontre de football qui vient de se terminer sur le terrain Lamaud à Bellevue.

Albert Valade, La Page de catéchisme (Dimanche 4 juin 1944...)
© Éditions de La Veytizou

L’œuvre et le territoire

Le dimanche 4 juin 1944, soit quelques jours avant le drame, une fête foraine est organisée. Albert Valade évoque une ville tranquille et sans histoire sans l’ombre d’une quelconque menace.

À propos de La Page de catéchisme

Albert Valade avait quatorze ans en 1944 lors du massacre d’Oradour-sur-Glane. Occupé dans un champ à garder son troupeau, il entend pour la première fois les détonations des mitrailleuses. Il aperçoit de la fumée en provenance d’Oradour à quelques kilomètres de là, puis il reçoit, entre les mains, une page de catéchisme brûlée.
Il raconte dans cet ouvrage-témoignage, la vie à Oradour, avant et après cette journée, présentant ceux qui ont été tués ce jour-là et ceux qui, comme lui, ont survécu.
Son récit est poignant, sobre, sans affectation. Il a su faire revivre avec beaucoup d’émotion et de sensibilité, l’atmosphère particulière de cette époque. Il a évoqué avec pudeur tous ces visages innocents à jamais disparus. Il a décrit l’immense douleur, vécue dans le silence, de ceux qui ont attendu en vain le retour de ces enfants partis pour toujours dans leur éternité.

Bonus

  • MP3 - 960.6 ko
    Albert Valade lit l’extrait (Dimanche 4 juin 1944...) de La Page de catéchisme
    Enregistrement : CRL en Limousin.
    © Éditions de La Veytizou

Localisation

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