Des animaux farouches

Georges Magnane, Des animaux farouches, On verra bien, 2014.

5 œuvres

L’œuvre et le territoire

Des animaux farouches est un roman autobiographique composé de plusieurs chapitres fragmentés en une succession d’anecdotes. Georges Magnane revient sur son enfance passée dans un petit hameau proche de Neuvic-Entier, en Haute-Vienne, narrant, sur une période allant de 1911 à 1919, la vie de sa famille (paysans avec trois enfants vivant sous le même toit que les grands-parents), la vie des personnages pittoresques de son village natal mais aussi sa découverte des livres ainsi que le chaos et le désenchantement du monde, de l’annonce de la guerre à sa fin.

Amoureux de la nature, Georges Magnane décrit la ruralité limousine à travers de belles pages-paysages, des descriptions des travaux agricoles mais aussi des personnages qu’il côtoyait à l’époque (moissonneurs, faucheurs, instituteurs, facteurs, ivrognes...) et des événements qui les réunissaient (fête des moissons, foires, bals...)

La minutie déployée par Georges Magnane pour décrire ce monde merveilleux que représente « son » Limousin, témoigne de l’éclat de ses souvenirs et du rôle narratif qu’il veut leur faire jouer : les lieux sont tellement magnifiés qu’ils se métamorphosent en un personnage à part entière.

(Thomas Bauer dans la préface du roman)

Mais la vie paysanne du début du XXe siècle était rude. L’auteur montre les difficultés et la violence de la paysannerie par des portraits de paysans agressifs qui se battent contre la nature, leurs voisins et contre les gens de la ville, dénonçant ainsi la « bestialité » de ses semblables.

Des animaux farouches est le dernier roman de Georges Magnane.
L’auteur entreprend l’écriture de ce récit autobiographique après plus de dix ans de silence, à la suite de la découverte d’une maladie inflammatoire et dégénérative. Par ce roman, il décide de revenir une dernière fois sur son passé en retraçant le chemin parcouru et en replongeant dans les raisons de son déchirement entre la fierté de ses origines paysannes et le mépris envers ce monde violent.

Publié initialement à la NRF en 1978, Des animaux farouches est réédité par les éditions On verra bien en 2014.