Le Salon des berces Dans les années 1970...

Gilles Clément, Le Salon des berces, Nil Éditions, 2009, p. 37

© Robert Laffont

Dans les années 1970, en Creuse, la déprise agricole - abandon progressif des terres incommodes - n’a pas vingt ans. On voit se boiser les « côtes ». Le paysage roux et rose des landes disparaît lentement sous la venue des jeunes chênes, des charmes et des châtaigniers précédés de bouleaux et de saules cendrés. Maintenant disparus, les chèvres et les moutons ouvraient le paysage le long des flancs abrupts de la Creuse. Venus saisir les tons fauves, l’absence de vert, la lumière sauvage accrochée au granit saillant, les impressionnistes de l’école de Crozant ne reconnaîtraient rien de ce paysage.

Gilles Clément, Le Salon des berces (Dans les années 1970...)
© Robert Laffont

L’œuvre et le territoire

Gilles Clément montre ici le phénomène de la déprise agricole en Creuse dans les années 1970. Il fait une comparaison entre l’époque où les peintres impressionnistes venaient en Creuse pour peindre des paysages ouverts qui les inspiraient et l’époque de la déprise agricole où les paysages se sont vus abandonner et se sont refermés peu à peu, laissant place à la forêt.
Il est question ici de son concept le « tiers paysage », qui désigne tous les espaces abandonnés par l’homme où seule la nature est à l’œuvre.

À propos de Le Salon des berces

Le Salon des berces est un ouvrage qui décrit la vallée des Papillons, en Creuse, avec toute l’imagination de l’auteur de quand il était enfant, autour de sa nouvelle maison. Il y évoque un jardin en mouvement, un observatoire des espèces, un laboratoire de la nature où se trouvent toutes les questions environnementales qu’il se posait et qui ont fait de lui un paysagiste mondialement célèbre et respecté.

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