Coucou Coucou !...

Lida et Rojan, Coucou, « Les Albums du Père Castor », Flammarion, 1939, p. 36.

© Les Amis du Père Castor

Coucou ! Coucou !
Le coucou vole au-dessus des bois. Le coucou vole au-dessus des prés. Le coucou chante !
François lève la tête et suit des yeux l’oiseau gris. Puis il caresse une grande vache tachetée et lui dit à l’oreille : « La Belle, soit gentille. Garde un moment le troupeau. »
Il court jusqu’au ruisseau, sort un couteau de sa poche, coupe une baguette de saule toute juteuse de sève. Il s’assied sur l’herbe, taille la baguette pour en faire un flûteau, et frappe l’écorce à petits coups avec le manche de son couteau en murmurant :

Sabo, sabo.
Peiron plato.
Dins mon gato.
Coucou, coucou.

C’est une formule magique, qui fait jaillir la sève. En tournant doucement, l’écorce glisse sur le bois gluant. Encore une entaille, et le flûteau est fait.
Le garçon se lève, se plante solidement sur ses jambes, porte le flûteau à ses lèvres.
« Coucou ! Coucou ! »
C’est comme cela que commence le printemps. Tout est calme. Les prés sont parsemés de pâquerettes. On entend seulement le vent qui berce les branches reverdies, quand...
« Coucou ! Coucou ! »
Le coucou apparaît et jette son cri. Le flûteau de François lui répond. Et, de nouveau, on n’entend plus que le vent.

Lida, Coucou (Coucou !...)
© Les Amis du Père Castor

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