Claires

Tapisserie de basse lisse, laine, 382 × 672 cm.
Collection : Cité internationale de la tapisserie ; legs de Simone Lurçat (2009).

© ADAGP, Paris, 2018.
Jean Lurçat, Claires
Photo : Claire Tabbagh / Manzara
© Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson

L’œuvre et le territoire

Claires est une tapisserie emblématique de l’œuvre de Jean Lurçat, à la fois par ses dimensions exceptionnelles et par l’univers poétique qu’elle développe.
La longueur remarquable de cette œuvre de près de sept mètres, tissée en un seul tenant par l’atelier Raymond Picaud (Aubusson), témoigne de l’importance que le peintre-cartonnier accorde aux dimensions de ses œuvres. À ses yeux, le tissage offre l’avantage d’une surface non restreinte, à l’image de celle du mur. Jean Lurçat travaille sans maquette préalable ; ses cartons sont donc dessinés directement à l’échelle.

Dans Claires, on retrouve le goût de l’artiste pour la poésie de sa génération et plus particulièrement pour Léopold Sédar Senghor (1906-2001) à qui il emprunte les vers tissés dans la tapisserie :

Toutes ces heures claires vertes bleues
vertes claires bleues

Ces vers sont issus du poème Départ, publié en 1945 dans le recueil « Chants d’Ombre » où l’écrivain sénégalais évoque une période de sa jeunesse passée en un lieu agréable du sud de la France. De ce poème sur la nostalgie de la séparation et du déracinement, Jean Lurçat compose une ode aux paysages du sud, vibrante de soleil, avec, à gauche, le lion à tête de soleil, symbole de puissance fréquent dans ses compositions.

Le monde n’est pas constitué par des éléments séparés qui seraient le règne animal, le règne végétal, le règne minéral, etc. Chacun de nous est commencement de minéral ou aboutissement de végétal, etc. et nous vivons, nous nous développons, nous nous ramifions exactement comme les arbres.

(Jean Lurçat)

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