Chez les magiciens et les sorciers de la Corrèze Clair de lune dans l’Inferno de Gimel

1892-1899

Dessin aquarellé sur papier ; diamètre : 26,2cm.

Gaston Vuillier, Clair de lune dans l’Inferno de Gimel
Photo : Jean-François Amelot, Seilhac.
© Ville de Tulle – Musée du Cloître

L’œuvre et le territoire

Les cascades de Gimel sont alimentées par la Montane, affluent de la Corrèze. Les chutes successives ont pour noms le Saut, la Redole, la Goutadière et disparaissent, après avoir chuté au total sur une centaine de mètres, dans l’Inferno.

Dans ce paysage de nuit éclairé par la lune, Gaston Vuillier, par un très bel effet de lumière, nous restitue toute la puissance majestueuse du lieu.

À propos de Chez les magiciens et les sorciers de la Corrèze

Il faut attendre 1899 pour que Gaston Vuillier propose un nouveau reportage au Tour du monde consacré au Limousin, et plus particulièrement à la Corrèze qu’il a découverte en 1893 à l’occasion de « En Limousin (paysages et récits) ». Ayant été marqué par Gimel et ses cascades, il s’y installe en partie et commence à acheter des terrains mitoyens aux chutes à partir de 1898.

Avec « Chez les magiciens et les sorciers de la Corrèze », Gaston Vuillier propose une véritable enquête consacrée aux « médecines », rites et croyances locales, rendant compte par l’écrit et l’illustration (presque exclusivement des aquarelles) de ses rencontres et discussions avec différents metzes ainsi que des procédés que ceux-ci mettent en œuvre aussi bien pour guérir que pour envoûter.
Les dessins et le récit sont indissociables : le récit donne le contexte des scènes représentées, cite les lieux, les personnages, les circonstances des rencontres. Les dessins sont des compositions travaillées où les effets de clair-obscur sont mis au service de l’effet saisissant voulu.

Il convient de noter l’importance qu’accordait le fondateur de la revue Le Tour du monde, Édouard Charton, aux gravures accompagnant les reportages qu’il publiait :

Il paraîtra naturel que nos efforts tendent à donner aux gravures du Tour du monde une importance égale à celle du texte même. Si dans les œuvres poétiques ou romanesques les gravures ne sont qu’un ornement, dans les relations de voyages elles sont une nécessité. Beaucoup de choses, soit inanimées soit animées, échappent à toute description : les plus rares habiletés du style ne parviennent à en communiquer à l’esprit des lecteurs qu’un sentiment vague et fugitif. Mais que le voyageur laisse la plume, saisisse le crayon, et aussitôt, en quelques traits, il fait apparaître aux yeux la réalité elle-même qui ne s’effacera plus du souvenir.

Bonus

  • MP3 - 1.5 Mo
    « Claire de lune dans l’Inferno de Gimel » lu par Guy Emery
    Texte original de Gaston Vuillier lu par Guy Emery ; enregistrement réalisé en partenariat avec BRAM FM, janvier 2017.
    © Ville de Tulle – Musée du Cloître

Localisation