L’architecture en croix de la Cité internationale de la tapisserie
Photo
CC by-nc-nd AVEC en Limousin

L’œuvre et le territoire

La Cité internationale de la tapisserie est installée, depuis 2016, dans les anciens bâtiments de l’École nationale d’art décoratif d’Aubusson.

La Cité internationale de la tapisserie n’est pas seulement un musée ; c’est aussi un espace de formation, de création et un centre de ressources. Toutes ces fonctions se nourrissent les unes des autres et cette complémentarité a été au fondement de la réhabilitation du bâtiment de l’ENAD et de son aménagement pour mettre en valeur la tapisserie d’Aubusson, patrimoine français.

La réhabilitation du bâtiment

L’agence Terreneuve a été retenue pour son projet de réhabilitation qui proposait de reprendre le bâtiment en sous-œuvre afin de créer un immense espace d’exposition de 7 mètres de haut, creusé à l’emplacement de l’ancien préau, tour de force technique du chantier.
Il est décidé de démolir le bâtiment de l’internat, désaffecté et dont la reconversion aurait été techniquement complexe. Le plan de réhabilitation de l’externat se fonde sur la conservation et la réutilisation d’un maximum d’éléments existants en prenant appui sur la logique et la flexibilité des trames de l’ancienne école pour ne pas faire table rase du passé.

La structure d’origine en poteaux/poutres est conservée. Les cloisons abattues restent matérialisées au sol par une mosaïque de carreaux cassés semblables au carrelage originel, par ailleurs conservé en l’état. L’amphithéâtre de 190 places, situé au rez-de-chaussée, ainsi que le centre de ressources sont également conservés, tout comme le mobilier qui compte des pièces de designers (Eames, Jacobsen, ou encore Bertoïa).

Le bâtiment abrite des salles de cours, de grandes salles d’exposition, des ateliers de dessin, de modelage, une teinturerie et de grandes surfaces de réserves. Le dernier étage est dédié aux ateliers de tissage. Pour celui-ci, les architectes ont souhaité conserver une source de lumière zénithale, sans ombre portée, en imaginant un système par projection d’éclairage au plafond offrant une qualité semblable à la lumière du jour.

En rappel des collections textiles de la Cité, une seconde peau de 1215 m2 de toile textile habille les façades du bâtiment. Le motif coloré a été obtenu en étirant très fortement des images de tapisseries pour en faire une matière graphique, manipulée ensuite sous forme de collages. La façade est rythmée par la pose d’un bardage bois ajouré vertical, conçu comme une évocation du bois du métier à tisser et des barres de lisse.

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