Cinéma Rex

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C-J Villieras, cinéma Rex de Brive
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L’œuvre et le territoire

Le cinéma Rex voit le jour à Brive-la-Gaillarde en 1938 d’après le projet de l’architecte C.-J. Villieras qui séjourna à Brive dans les années 1930.
Sa façade se rattache au mouvement moderne, encore appelé style international, dont l’architecture est consacrée par l’exposition de 1932 au Musée d’Art moderne de New-York. En Limousin, le Rex est le premier du genre.

L’architecture est basée sur le principe des volumes : quatre blocs horizontaux se superposent avec un toit-terrasse situé au-dessus du premier bloc. Le jeu entre lignes horizontales et lignes verticales s’inspire de l’étagement des ponts sur les paquebots.
Chaque bloc correspond à une fonction : en bas le hall d’accueil, au premier étage un bar avec le hall, les fenêtres bandeaux surlignées d’un pourtour peint identifient un étage bien particulier, au troisième la salle de projection (cabine de l’opérateur et cabine de rembobinage).

Le style moderniste se remarque dans les formes géométriques très épurées de la façade et dans l’aspect monolithique, voire monumental, de ses différentes parties. La caractéristique majeure de cette façade est d’utiliser des matériaux contemporains : béton armé et superstructure en armature métallique.

À la composition en blocs asymétriques, s’ajoute une véritable mise en scène de l’architecture : le nom Rex, écrit en gros, s’étire vers le haut et s’affiche comme un immense écran publicitaire. La mise en scène est alors complétée par des jeux de lumière : un spot lumineux éclaire la façade afin de renforcer les lignes de force architecturales et créer une façade dynamique ; un faisceau lumineux en verre dépoli est projeté, la nuit, vers le ciel, marquant ainsi l’emplacement du cinéma dans le paysage urbain ; les trois colonnettes du péristyle sont agrémentées de petites lampes scintillantes pour donner un air de fête et compléter ces effets de lumière.

La façade se veut, donc, accrocheuse, spectaculaire et même publicitaire. À l’intérieur, il subsiste quelques vestiges d’un carrelage à l’italienne, granité, une rampe d’escalier dans un style paquebot et une seconde caisse aux courbes années 1930.

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