Lieux de l’écrit Cimetière de Viam

22 août 2007

© Thierry Girard
Thierry Girard, Cimetière de Viam
© Thierry Girard

L’œuvre et le territoire

Thierry Girard, qui « aime la phrase et la mélancolie proustiennes de Millet, thuriféraire désenchanté d’un monde et d’un temps perdus », est finalement déçu par Viam, si différent de Siom, le « double » littéraire que l’auteur prend pour scène de nombre de ses romans. Thierry Girard se dirige alors vers le cimetière, qui aujourd’hui surplombe le village, après avoir été déplacé au moment de la construction du barrage, comme Richard Millet l’évoque à plusieurs reprises.

Siom est en fait le modeste village de Viam sur le plateau de Millevaches, au nord de la Corrèze. Le site web de la mairie de Viam annonce 132 habitants dispersés entre le village et une trentaine de lieu-dits. Après avoir lu Millet, je m’attendais à trouver un plus gros village, mais peut-être l’était-il autrefois ? À moins que Millet ne se soit également inspiré de Bugeat, le gros bourg le plus proche. En tout cas, les quelques maisons un peu massives et tristes au centre (si l’on peut dire) du village évoquent bien cette petite bourgeoisie de commerçants, de marchands et d’artisans dont il parle dans ses livres. Même en plein été, tout semble mort : un café triste et les enseignes fanées des commerces éteints. Alors, autant aller voir les morts ! Le cimetière est à l’écart du village, tout en haut, près de la route qui relie Eymoutiers à Meymac. Une étude attentive des patronymes permet d’établir quelques liens avec les noms des personnages qui traversent les livres de Millet. Ses modestes héros reposent ici, à l’abri de leurs serres tombales.

(Thierry Girard)

À propos de Lieux de l’écrit

Entre 2007 et 2009, Thierry Girard profite des nombreux séjours qu’il effectue en Limousin pour réaliser ses Paysages insoumis afin d’évoquer les lieux chers aux grands écrivains que sont Pierre Bergounioux, Pierre Michon et Richard Millet, « trois des plus grands stylistes de la langue française, mais qui disent aussi, au-delà du style, avec une langue travaillée, précise, mais jamais maniérée, la question de l’origine, de la mémoire, de l’enfance, de la terre, de la terre de l’enfance, et de la perte, de la dissolution des choses, et comment l’être se constitue par l’écriture, à travers elle, pour y faire face. »

Localisation

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