Charles Donzel

À propos

Charles Donzel est originaire de Besançon. Enfant, il entre successivement au conservatoire, à l’école de dessin de Besançon puis dans l’atelier du maître sculpteur Clésinger ; sa mère semble cependant plus favorable à la musique. Après des débuts prometteurs au théâtre, il entame une carrière de violoniste et devient lauréat au conservatoire de musique de Paris en 1855. Sa vie de musicien se poursuit à travers la France et la Belgique aux côtés de sa femme, chanteuse.

Mais, à la mort de son épouse, Charles Donzel décide de se retirer du monde du théâtre et de la musique : il se reconvertit dans le dessin et la peinture, domaines dans lesquels il fut probablement initié plus jeune, mais en amateur, sans jamais vraiment avoir eu de maître. Très vite, il se fait une place au sein de l’école de 1830 et ouvre un atelier parisien rue des Martyrs. Charles Donzel voyage alors beaucoup, entre Béarn, Normandie et Auvergne, et participe à sa première exposition en 1855. Quatre ans plus tard, c’est au Salon parisien que l’artiste fait ses premiers envois, avec notamment des vues de la Haute-Vienne.

C’est le critique limousin Camille Leymarie qui nous livre l’une des premières anecdotes artistique concernant l’artiste :

J’ai bien présent à la mémoire le souvenir d’une discussion que nous eûmes en 1866, je crois, à une exposition de cercle artistique, devant plusieurs superbes Manet : Donzel écumait littéralement, et c’était un spectacle qui n’était pas sans saveur de voir ce monsieur, très bien mis et fort correct, montrer le poing à des tableaux qui n’avaient pas l’air de lui plaire. A quelques pas, un autre monsieur, également bien mis et également correct, souriait doucement : c’était Manet lui-même, qui s’amusait beaucoup. Lorsque Donzel se fut un peu calmé, le peintre d’Olympia vint me serrer la main – je le connaissais depuis longtemps – puis il se mêla à notre conversation qui reprit alors. Il fit à Donzel quelques concessions de politesse, se hasarda à plaider les circonstances atténuantes, puis prit congé de nous en termes aimables et bien choisis.
– Quel est ce monsieur ? Vraiment, il est très bien ? interrogea Donzel.
– Mais c’est Manet.
– Ah !
Et il me sembla voir quelque courroux dans son œil de brave homme un peu sceptique, cependant comme il convenait alors à l’œil d’un artiste.

Une partie méconnue de la vie de Charles Donzel l’amène jusqu’à Bordeaux où il rencontre Adrien Dubouché avec qui il se lie d’amitié. C’est ce dernier qui l’introduit au sein de la société limousine et auprès de ses artistes. C’est ainsi qu’il « est devenu limousin par droit d’hospitalité » comme le fait remarquer Albert Guillemot.
À partir de cette rencontre, Charles Donzel semble se consacrer pleinement aux sites du Limousin. Il participe à la Société des amis des arts du Limousin que préside Adrien Dubouché. L’artiste est salué par la critique, dont Édouard Hervé :

Les sites du Limousin inspirent depuis longtemps M. Donzel. Il a su en comprendre et en rendre toute la poésie. Habile metteur en scène, ses paysages sont toujours bien composés ; ils s’agencent bien ; les masses s’y distribuent avec art pour donner plus de charme aux perspectives. Ils ont toujours un grand cachet de distinction et d’élégance. Ses ciels sont fins, ses eaux transparentes ; seuls, ses premiers plans laissent quelquefois à désirer. On voudrait plus d’énergie, plus d’entrain, mais non plus de grâce, à ses compositions.

Désormais, Charles Donzel semble écouler ses toiles assez facilement chez les amateurs de la région. Et plus tard, toujours au contact d’Adrien Dubouché, il se lance dans une nouvelle aventure : celle de la peinture sur porcelaine, notamment pour les maisons Pouyat et Ardant.
Mais Charles Donzel est aussi un peintre décorateur. Il débute avec la décoration de la préfecture de Mâcon, avant de réaliser l’une de ses plus belles œuvres : la décoration du salon de son ami Adrien Dubouché. Il s’attèle ainsi à la composition de cinq panneaux, peints dans le style de Camille Corot dont il est à la fois l’ami et l’admirateur.

Il décède le 20 mars 1889 et, le 9 septembre 1892, sont vendus aux enchères les quelque 120 tableaux et aquarelles de son atelier de la rue des Martyrs.

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